Les nouveaux projets de drones de l’US Air Force.

le SR-72 de Lockheed Martin
Le SR-72 de Lockheed Martin

Si vous vous intéressez à l’aéronautique il est peu probable que vous ayez raté l’annonce du projet de drone hypersonique de Lockheed Martin, le SR-72. En effet, cet aéronef destiné à l’US Air Force est le successeur du mythique SR-71 « Blackbird », l’avion développé par cette même compagnie dans les années 60 dans le but d’effectuer des opérations de reconnaissance en territoire ennemi. Le Blackbird, retiré du service en 1998, était capable d’atteindre MAch 3,3 (3,540+ km/h) et avait une portée de 5400 km. Depuis plusieurs années de nombreuses spéculations ont été faites concernant le futur aéronef du célèbre bureau d’étude Skunk Works de Lockheed Martin, déjà à l’origine des U-2, A-12, F-117 et SR-71. La rumeur évoquait notamment un avion de reconnaissance nommé « Aurora » (souvent associé à des affirmations plus ou moins farfelues d’amateurs d’Ovnis et autres ufologues). Rien de bien concret en somme. Aujourd’hui on en sait un peu plus sur les plans de l’armée de l’air américaine pour réaliser ses missions de reconnaissance et c’est l’utilisation massive de drones furtifs qui semble être le nouveau créneau. Il y a d’abord eu le drone RQ-170, qui aurait été capturé par l’Iran en décembre 2011. Aviation Week a dévoilé récemment le projet SR-72 ainsi que celui du successeur du RQ-170, le RQ-180 (deux drones construits par Northrop Grumman, la société à l’origine du fameux B-2 « Spirit »). Ces deux drones, bien que très différents, entrent en concurrence dans les budgets de l’US Air Force étant donné que ceux sont tous les deux des engins de reconnaissance. Le SR-72 est capable d’atteindre Mach 6 grâce à des superstatoréacteurs  et serait capable d’effectuer des frappes aériennes en un temps très cours ainsi que des attaques électroniques (pour un bon article sur ce drone je vous conseille celui d’Air Et Cosmos). Le RQ-180 lui est un drone de type aile volante, spécialité du constructeur Northrop Grumman, et ne sera certainement pas supersonique. Il sera en revanche doté d’une grande furtivité et d’une autonomie en vol de 24 h (contre 5-6 h pour le RQ-170) et il sera capable lui aussi d’effectuer de la guerre électronique (mais pas de frappes aériennes). Une représentation de ce que pourrait être le RQ-180 a été fournie par Aviation Week (image ci-dessous) mais ce programme faisant parti des « black projects » de l’armée américaine il est très difficile de savoir exactement à quoi ressemble ce drone qui serait développé par ailleurs dans la mythique zone 51, au Nevada. Aujourd’hui c’est ce dernier projet qui semble avoir la faveur de l’Air Force notamment du fait de sa plus grande faisabilité par rapport au SR-72 et de sa disponibilité évaluée aux alentours de 2015 (le SR-72 rentrerait lui en service autour de 2030). Il n’est pas non plus impossible que les deux soient développés en parallèle. Avec les projets européens Taranis de BAE Systems et nEUROn de Dassault Aviation il semble bel et bien que les drones représentent l’avenir de l’aéronautique militaire.

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Le RQ-180, développé par Northrop Grumman.
Le RQ-180, développé par Northrop Grumman.

Lockheed Martin réalise des tests de son laser antimissile ADAM.

Pendant longtemps les armes laser ont alimentées les romans et les films de science-fiction et il faut dire que disposer d’un tel concentré d’énergie peut forcément s’avérer intéressant pour certaines applications dans le domaine de la défense. L’idée d’utiliser un faisceau cohérent de lumière pour détruire ou du moins endommager une cible  n’est pas nouvelle, il y a eu en effet de nombreux projets allant dans ce sens, un des plus avancés et des plus récent etant celui de l’US Air Force, le Boeing YAL-1 Airbone Laser (ABL). Il s’agissait d’installer sur le nez d’un Boeing 747 un laser chimique d’une puissance d’1 MW (environ 1 milliard de fois plus puissant qu’un petit laser disponible dans le commerce pour grand public) qui détruirait des missiles jusqu’à une distance de 100 km, voir plus. Malgré plusieurs réussites (photo d’un tir laser depuis l’avion), le programme a été arrêté en 2011 après une dizaine d’années de recherches, officiellement pour cause de réduction de budget. Aujourd’hui d’autres projets sont en cours et c’est à celui du géant de la défense, Lockheed Martin, que l’on va s’intéresser. ADAM, c’est son nom (pour Area Defense Anti-Munitions), est un système laser transportable capable d’intercepter des missiles et des drones. D’une puissance de 10 kW il est nettement moins puissant que l’ABL et sa portée n’est que de 2km mais sa mobilité et surtout son coût réduit le rende très intéressant pour la protection urgente de sites sensibles, entre autres. Sur la vidéo ci-dessus on peut voir ADAM à l’oeuvre lors d’un essai sur une roquette de type Qasssam (roquette fabriquée dans la bande de Gaza). Le système est entièrement autonome une fois qu’il à reçu l’ordre d’éliminer la cible: il la détecte, la cible et la détruit en quelques secondes. Sur cette vidéo datant de l’année dernière on peut voir un autre essai mais lors duquel la trajectoire de la roquette était prédéterminée et connue par ADAM. Les progrès accomplis sont donc impressionnants. Il n’est pas prévu pour l’instant de date de mise en service de ce système de défense mais les progrès devraient continuer.

Le système ADAM avec sa plateforme de transport.
Le système ADAM avec sa plateforme de transport.

Le X-51 atteint Mach 5.1 grâce à son superstatoréacteur.

La quatrième aura finalement été la bonne.En effet, le X-51A « WaveRider » a reussi pour la première fois le 1er mai dernier un vol complet au cours duquel il a atteint la Mach 5.1 (6,240 km/h). Le vol a duré au total 6 minutes dont 3,5 minutes propulsé par le scramjet (nom anglais du superstatoréacteur, système propulsif dans lequel la combustion s’effectue à des vitesses supersoniques). L’engin hypersonique construit par Boeing pour l’US Air Force établi donc un nouveau record pour ce type de vol. Pour réaliser cet essai, le X-51 est d’abord attaché sous l’aile d’un bombardier B-52 qui l l’emmène à une altitude de 15km pour ensuite le larguer (de manière similaire au système suborbital de Virgin Galactic). Une fois libre, le WaveRider est accéléré par un propulseur solide issu d’un missile (le MGM-140 ATACMS) jusqu’à approximativement Mach 4.5, vitesse à laquelle le superstato SJY61 de Pratt & Whitney Rocketdyne est enclenché jusqu’à Mach 5.1. Ce dernier vol programmé dans ce projet devrait servir de base à de futures initiatives dans le domaine de l’hypersonique bien que depuis l’abandon du projet Falcon/Blackswift il n’y ai plus de réel finalité au X-51A « WaveRider ».

X-51A
Le X-51A WaveRider accroché sous l’aile d’un B-52