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Un post express pour partager cette vidéo du survol en avion du site de lancement de Blue Origin. Situé près de la petite ville de Van Horn, au Texas, c’est d’ici que sont partis les 3 lancements du système suborbital New Shepard. On peut y apercevoir le hangar principal avec le véhicule de transport, la tour de lancement ainsi que le nouveau stand d’essai pour le futur propulseur BE-4, destiné au lanceur Vulcan d’ULA et au propre lanceur de Blue Origin qui sera présenté cette année. C’est aussi d’ici que partirons les vols habités avec les premiers clients « astronautes touristes » d’ici à 2018.

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Le stand de test du Blue Engin 4 (BE-4), près de Van Horn, Texas.

 

Ce Lundi 29 avril 2013 restera peut être comme un grand jour dans l’histoire du tourisme spatial. En effet, c’est en début de matinée, au Mojave Air and Space Port en Californie, que l’engin suborbital de Virgin Galactic s’est détaché de son avion porteur WhiteKnightTwo pour peu de temps après allumer son moteur-fusée hybride. C’est la première fois que la société de Richard Branson réalise un tel vol propulsé, considéré comme une étape cruciale du développement du vaisseaux. Sur la vidéo ci-dessus on peut voir les images impressionnantes de ce vol de 13 minutes dont 16 secondes avec le moteur allumé. Ce dernier est développé pour Virgin Galactic par la société Sierra Nevada Corporation, connue pour son projet de navette spatiale DreamChaser ». Dans les prochains mois, l’équipe de test va continuer ces vols propulsés avec des durées de tir de plus en plus longue qui aboutiront à un vol spatial complet (culminant à une centaine de km d’altitude), que Virgin Galactic espère réaliser avant la fin 2013.

Le SpaceShipTwo avec son moteur allumé.

Le SpaceShipTwo avec son moteur allumé.

Comme on en parlait dans un autre article, la société XCOR Aerospace conçoit actuellement le Lynx Mark I (image ci-dessous), un véhicule suborbital qui permettra à deux personnes (un pilote et un passager) d’atteindre une altitude de 60 km pour la somme de 95 000 $. L’engin, contrairement au projet de Virgin Galactic, sera propulsé par ses propres moyens et c’est à ce sujet que XCOR vient d’annoncer avoir atteint une étape importante. La vidéo du test montre un tir d’une durée de 67 secondes du moteur (d’une poussée de plus de 1.1 tonnes) qui propulsera le Lynx (en fait celui-ci possédera 4 moteurs de ce type). La différence avec les systèmes de propulsion actuels réside dans l’utilisation de pompes à piston à la place de turbopompes ce qui évite le besoin de réservoir d’ergols (kérosène et oxygène liquide) sous très haute pression. Ce système permettra aussi au Lynx de voler plusieurs fois par jour et pour des dizaines de milliers de vols. Le premier vol du Lynx Mark I est prévu pour cette année.

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Dans sa quête de commercialiser des vols suborbitaux dès l’année prochaine, Virgin Galactic continue ses tests. Le vendredi 8 mars 2013 un nouvel essai du moteur de son SpaceShipTwo (SS2), le RocketMotorTwo, a été réalisé par les ingénieurs. Il s’agît du second essai d’une courte série de tests de qualifications avant le premier vol propulsé de SpaceShipTwo, qui devrait intervenir très prochainement. La photo ci-dessus a été prise lors de ce test.  Le test a duré entre 15 et 30 secondes et il s’agît du 26ème essai au total. En plus du moteur, Virgin Galactic (et Scaled Composite, la société de Burt Rutan qui construit le système surborbital pour Virgin) a fait voler les 11 et 14 mars dernier l’avion porteur de SS2, le WhiteKnightTwo. Ces vols ont pour objectifs d’entraîner et de former les pilotes ainsi que d’effectuer des tests sur les systèmes de vol.

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Orbital Sciences Corporation vient d’annoncer qu’elle vise un lancement entre les 16 et 18 avril prochains pour son lanceur Antares (photo ci-dessus). Rappelons que ce lanceur est destiné à mettre en orbite le cargo ravitailleur Cygnus pour l’ISS. Lors de ce vol inaugural il n’y aura pas de cargo installé, l’objectif principal de cette mission étant de validé le lanceur. Autres nouvelle récente du côté de Mars, le rover Curiosity, alors qu’il rencontre des problèmes (la mémoire du rover aurait été corrompue. Par mesure de précaution, le mode repos avait été déclenché, car il ne fallait pas l’endommager davantage) a permis de confirmer grâce à l’analyse d’échantillons recueillis à l’intérieur du premier forage que la vie a pu exister sur Mars. La découverte de soufre, d’azote, d’hydrogène, d’oxygène, de phosphore et de carbone va dans ce sens car il s’agit là de quelques-uns des ingrédients chimiques essentiels à la vie. Toujours concernant la planète rouge, on a appris avec plaisir que la mission ExoMars est définitivement lancée grâce à l’accord qui a été signé entre Jean-Jacques Dordain (directeur de l’ESA) et Vladimir Popovkin (directeur de Roscosmos) au siège parisien de l’Esa. Le programme ExoMars comprend deux missions qui seront lancées en 2016 et 2018. Enfin on peut signaler le retour sur Terre de l’équipage de l’expédition 34 de l’ISS composé de deux russes et un américains (photo ci-dessous). L’expédition a duré plus de trois mois.

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Il y a aujourd’hui plusieurs projets en cours dans le domaine du tourisme suborbital (dont le New Shepard de Blue Origin) et parmi ces projets, celui de Virgin Galactic, la société du célèbre Richard Branson, est sans aucun doute le plus avancé. La vidéo ci-dessus donne une bonne idée de l’état actuel d’avancement de leur système suborbital. Ce dernier est composé de deux véhicules: un avion porteur, le WhiteKnightTwo (WK2), et l’avion suborbital lui-même, le SpaceShipTwo (SS2). Le concept est assez original, mais pas nouveau, puisqu’au lieu de partir de façon autonome, SS2 décollera accroché sur le « ventre » de WK2 et se détachera à une altitude d’environ 20km pour ensuite allumer son réacteur et réaliser un vol parabolique culminant à plus de 100km, permettant aux 6 passagers d’atteindre la ligne de Kármán (la limite officielle entre la Terre et l’espace). Le vaisseau sera piloté par deux astronautes et le vol entier durera environ 2h30 pour 6 min d’apesanteur. Pour un prix de 200 000 dollars, les sensations devraient être au rendez-vous notamment avec une vitesse maximale lors de la montée de 4000 km/h (plus de mach 3), une vue imprenable sur la Terre et sa rotondité et un retour en vol plané grâce aux ailes à géométrie variables du SpaceShipTwo. Ce projet fait suite au succès de Burt Rutan et de sa société Scaled Composite dans le concours Ansari X-prize où leur système (WhiteKnight et SpaceShipOne) basé sur le même concept a remporté le prix de 10 millions de dollars en 2004 grâce à deux vols suborbitaux réussis (vidéo ci-dessous). Le programme des tests de SS2 est en cours ainsi que la mise au point du moteur (un accident ayant fait 3 morts chez Scaled Composite en 2007 a considérablement retardé son développement) et le premier vol propulsé devrait avoir lieu d’ici à la fin de l’année. La mise en service de SS2 au Spaceport America (sur cette image avec WK2 et SS2), le premier spatioport commercial au monde, est quand à elle prévue pour l’année prochaine si tout va bien.

Le second projet qui semble le plus avancé est le Lynx Mark I (photo ci-dessous), de l’entreprise américaine XCOR Aerospace. Le concept est ici plus classique puisque l’avion décollera seul depuis n’importe qu’elle piste par ses propres moyens et utilisera ses quatre petits propulseurs LOX/kérosène pour atteindre mach 2 à 42 km et continuer sur sa lancée un vol parabolique culminant à environ 61 km. Le passager, puisque le Lynx compte deux places, une pour le pilote et une pour le client, ne pourra donc pas revendiquer la qualification d’astronaute. Bien que moins ambitieux que le projet de Virgin Galactic, celui d’XCOR vise à instaurer une routine du vol suborbital en effectuant avec chacun de ses véhicules plusieurs vols de 30 minutes par jours et une maintenance requise seulement au bout de 40 missions.Le premier vol est prévu pour cette année et la commercialisation pour 2014. Si le succès est rendez-vous, la société envisage de monter en gamme avec le Lynx Mark II qui lui pourra atteindre la barre des fameux 100 km. Enfin on peut mentionner deux autres projets qui semblent nettement moins avancés: le Space Plane d’Astrium et le véhicule d’Armadillo Aerospace dont nous parlions dans cet autre article. Le Space Plane est un avion classique similaire à un jet d’affaire mais doté d’une propulsion spatiale (utilisant la technologie du moteur Vulcain d’Ariane 5) qui lui permettra d’atteindre les 100 km et mach 3. Il pourra emporter un pilote et 4 passagers. Malheureusement, le coût de développement estimé à 1 milliard d’euros et l’incertitude sur la viabilité du secteur, semblent avoir mis le projet en pause mais on peut espérer qu’avec l’arrivée prochaine de Virgin, XCOR et d’autres, l’Europe, grâce à l’expertise d’Astrium, saura entrer dans la course et ne pas se laisser distancer.

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On a vu ces derniers jours que désormais deux startups étaient lancées dans la course à l’exploitation des ressources de l’espace alors autant continuer dans les projets futuristes. Celui dont je vais vous parler aujourd’hui est tout aussi ambitieux, si ce n’est plus: une entreprise, nommée Golden Spike Company (GSC) en référence à la cérémonie de pose du dernier « clou » du rail du Premier chemin de fer transcontinental aux USA, vise à envoyer des astronautes privés sur la Lune à partir de 2020. Ces astronautes pourront êtres des touristes, des employés de grandes sociétés ou encore des astronautes d’agences spatiales, y compris de la NASA. La Golden Spike Company a été fondée en 2010 par Alan Stern, l’ancien directeur scientifique de la NASA, et Gerry Griffin, l’ancien directeur de vol des missions Apollo 12, 15 et 17. Elle est basée dans le Colorado et compte parmi ses autres membres de nombreux ingénieurs, scientifiques et même politiques. On peut citer James R. French qui a participé au développement des moteurs de la Saturn V ou encore Newt Gingrich, un républicain candidat à la dernière élection présidentielle américaine lors de laquelle il a fait parler de lui avec ses projets extraordinaires en astronautique. Voici la vidéo promotionnelle présentée par GSC lors de conférence de presse le 6 décembre 2012.

La société ne développera pas elle-même de matériel mais elle sous-traitera aux différents acteurs du monde spatial. Son argument principal repose sur le fait qu’aujourd’hui il y a de nombreuses entreprises qui investissent dans des développements de lanceurs, de capsules habitées et de cargos pour pouvoir soutenir leur projet sans avoir à repartir de zéro et surtout en économisant de l’argent. Par exemple la capsule Dragon de SpaceX permettrait d’envoyer à frais réduits des clients en orbite et le futur lanceur lourd de cette même entreprise, Falcon Heavy, sera capable d’envoyer un étage de transfert Terre-Lune avec un module lunaire d’atterrissage . En fait, c’est seulement ce dernier qui pour le moment doit être inventé en partant de zéro ou presque. Bien que des projets de landers existent (comme celui de Moon Express ou celui d’Astrobotic Technology), pour le moment aucun n’est réellement assez avancé pour pouvoir prétendre être un jour en mesure de déposer des hommes sur la Lune (de plus l’objectif visé par ces startups n’est pas le vol habité mais les missions robotisées). Dans le but de combler cette absence, la Golden Spike Company a donc signée un contrat avec Northrop Grumman pour que cette dernière étudie les différents concepts de landers et établisse un projet réaliste et en accord avec les objectifs de GSC. A la fin de ce contrat, Northrop Grumman fournira donc à cette dernière un concept qui pourra par la suite être développé plus profondément. Aujourd’hui la startup estime à 7 ou 8 milliards de dollars le financement nécessaire jusqu’à la première mission et ensuite le coût unitaire pour les missions suivantes serait de 1.5 milliards de dollards sachant qu’une mission comprendrait deux places. Le nombre de clients potentiels pour la décennie 2020-2030 est estimé par GSC à une quinzaine voir une vingtaine. Il est difficile de se faire une idée des chances de réussite de ce projet mais il sera intéressant de suivre les développements de cette startup qui compte parmi elle de grands noms.

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A côté des grandes entreprises du spatial comme Boeing, Lockheed Martin ou Northrop Grumman, il existe de petites sociétés qui cherchent à développer leurs propres engins, en l’occurrence des « landers » qui peuvent décoller et atterrir verticalement (Vertical takeoff, vertical landing ou VTVL en anglais). Armadillo Aerospace (AA) est une de ces sociétés. Fondée en 2000 par le développeur de jeux vidéos John Carmack (Doom, Quake, Rage …), AA compte aujourd’hui 8 employés dont 7 à plein temps et est basée au Texas. La vidéo ci-dessus montre les progrès qu’a réalisé l’entreprise depuis ses débuts et ceux-ci sont impressionnants sachant que la plupart des employés ne sont pas issus du monde de l’astronautique. L’objectif principal d’AA est de parvenir à mettre au point un moyen de transport pour le tourisme suborbital avec un engin VTVL conçu pour 2 personnes (photo ci-dessous).

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Pour commercialiser leur vaisseau ils ont signés un contrat d’exclusivité en avril 2010 avec Space Adventures, l’entreprise qui s’occupe d’organiser les vols d’astronautes privés vers l’ISS grâce à des places soyouz mises à disposition par les russes. Bien que ce projet soit toujours dans les plans de la société, l’objectif à court terme a été recentré sur le développement de fusées suborbitales, les STIG (magnifique vidéo ici), pour parfaire sa maîtrise des technologies nécessaires, notamment celles de récupération en cas d’échec au lancement. Armadillo Aerospace a gagné sa crédibilité lors de sa participation au Lunar Lander Challenge, co-organisé par la fondation X-prize (déjà à l’origine du  concours qui a vu naître le premier vaisseaux  suborbital privé atteignant l’espace, le SpaceShipOne). Lors de ce concours qui s’est déroulé sur plus de 4 ans, chaque participant devait construire un véhicule qui atteindrait l’altitude de 50 mètres, puis se déplacerait latéralement sur 100 mètres, et enfin se poserait sur une surface d’atterrissage simple ou de type lunaire. Malgré une domination durant les épreuves des 3 premières années, AA a finalement perdu le premier prix de 1 million de dollars, au profit d’une entreprise nommée Masten Space Systems (une vidéo résumant les temps forts de cette competition en 2009 peut être vue ici).

Masten Space Systems (MSS) est une petite startup de 12 employés basée à Mojave, en Californie. Elle développe le même genre d’engins VTVL que Armadillo Aerospace mais sont objectif principal est différent. En effet, ses véhicules ont seulement pour but d’envoyer des charges scientifiques, d’abord sur des vols suborbitaux mais prochainement sur des vols orbitaux. MSS, fondée par David Masten en 2004, a construit plusieurs engins: le Xombie que l’on peut voir sur la vidéo ci-dessus, le Xaero (que l’on peut voir ici avec son look futuriste et qui a été perdu lors d’un test en septembre 2012) et le Xoie qui a permis de gagner le premier prix du Lunar Lander Challenge. En plus de ces programmes qui sont encore en cours, Masten prévoit de tester pour la première fois cette année son nouveau véhicule nommé XEUS (photo ci-dessous). Ce lander est conçu avec l’objectif d’être utilisé pour transporter du matériel sur la surface lunaire avec une capacité de 14 tonnes en version non réutilisable ou 5 tonnes en version réutilisable. Le corp principal de XEUS est composé d’un étage supérieur Centaur utilisé habituellement sur les fusées Atlas, fourni par United Launch Alliance. Ce véhicule serait aussi potentiellement utilisable pour des missions vers des astéroïdes pour transporter du matériel nécessaire aux astronautes. Pour conclure, que ce soit pour Armadillo Aerospace ou pour Masten Space Systems, leur débuts prometteurs semblent indiquer qu’il est possible de construire des engins spatiaux et de s’impliquer directement dans le spatial sans être forcément au sein d’un géant du domaine. Nous suivrons avec attention les nouvelles provenant de ces 2 entreprises (Armadillo Aerospace a réalisée plusieurs tirs de sa fusée STIG dernièrement mais elle a rencontrée des problèmes aux lancements et tarde à fournir de plus amples informations).

XEUS