Les Marines mettent fin au projet LS3 d’Alphabet (Google)

Robot mule LS3 de Boston Dynamics

La mule robot développée par Boston Dynamics, spécialiste en robotique militaire détenu par Alphabet (Google), est trop bruyante selon les Marines. Trois ans après la première sortie du LS3 en 2012, le projet de l’Armée Américaine est retiré.

A l’origine, ce robot mule autonome développé conjointement avec la DARPA, la division de recherche du Pentagone, était conçu pour transporter le matériel des troupes sur de longues distances afin qu’ils se fatiguent moins. Pouvant transporter jusqu’à près de 200 kg, le robot surnommé ou AlphaDog, était capable de suivre un soldat à travers des terrains accidentés (montagne, forêt, jungle), impraticables pour un véhicule ordinaire.

Kyle Olson, un porte-parole des Marines, a déclaré au site Military.com que le bruit du moteur à essence du Legged Squad Support System (LS3) était nuisible tactiquement. “Alors que les Marines étaient en train de s’en servir, un des défis était de voir les potentielles possibilités en fonction des limites du robot“, explique Olson. “C’est comme ça : c’est un robot bruyant qui révélerait leur position“.

C’est évidemment un coup dur pour Boston Dynamics, ancienne spin-off du Massachussetts Institute of Technology (MIT), qui a développé ces dernières années d’autres types de robots, dont des quadrupèdes comme Spot (robot qui tirait le traîneau du Père Noel dans une vidéo postée par Boston Dynamics la semaine dernière), des bipèdes comme PETMAN ou ATLAS, ou des robots à roues comme SandFlea. Tous les regards se tournent désormais vers Spot, un robot plus léger que la mule LS3, plus maniable mais plus petit. A la différence de son grand frère, Spot est équipé d’un moteur électrique silencieux. Résultat : il est plus discret mais transporte moins de charge, jusqu’à 18 kg, ce qui ne fait pas non plus de lui, l’assistant idéal aux yeux des Marines.

Au delà de l’aspect bruyant ou de la capacité d’emport des robots militaires, une des questions en suspens est leur réparation en cas de problème lors d’une mission sur le terrain. Faudra-t-il le laisser sur place, risquer des vies humaines pour essayer de le récupérer … ? Il est certain que les Marines ont beaucoup appris aux côtés du LS3 au cours de leurs sorties en extérieur et que les technologies développées par Boston Dynamics seront réutilisées dans des applications futures.

Robot quadrupède BigDog de la DARPA

Depuis le démarrage du projet en 2010, la DARPA aura financé le développement des robots LS3 et Spot à hauteur de 32 millions de dollars, puis une rallonge de 10 millions de dollars pour soutenir les essais en extérieur par le Corps des Marines.

Ecrit par Newsroom le 30/12/2015 sur humanoides.fr


 

Quoi de nouveau en robotique ? (Partie 1)

Robosimian, le robot du JPL.
Robosimian, le robot du JPL.

Après une longue période d’inactivité par manque de temps, nous revenons aux affaires et le moins que l’on puisse dire c’est que l’actualité robotique en ce moment est riche, très riche. Nous allons dans ce post, ainsi que dans d’autres, effectuer un petit récapitulatif des événements marquants de ces derniers mois. D’abord, comme nous nous en parlions déjà dans plusieurs articles, le Darpa Robotics Challenge (DRC) organisé par la DARPA a bien eu lieu les 20 et 21 décembre derniers. C’est donc un peu plus d’un an après le lancement de ce concours de robotique que 16 équipes se sont réunies à Miami pour essayer de réaliser 8 tâches plus ou moins complexes (ouverture de valves, déplacement en terrain difficile, conduite d’un petit véhicule …). Les résultats sont accessibles sur le site du DRC et nous nous contenterons ici d’un simple résumé (dans un prochain article nous posterons les meilleures vidéos des épreuves). Donc pour en revenir au concours, chaque équipe devait tenter de récolter le plus de points possible sur les 32 réalisables (chaque épreuve pouvait rapporter jusqu’à 4 points) avec l’objectif d’arriver dans les 8 premières pour pouvoir obtenir un soutien financier de 1 million de dollars de la part de la DARPA et qui leur permettrait de continuer sereinement les préparatifs en vue de l’épreuve finale, en décembre 2014. L’équipe qui remportera ce concours gagnera la somme de 2 millions de dollars.

S-One, le robot de Schaft Inc.
S-One, le robot de Schaft Inc.

L’étape de Miami consistait donc en quelque sorte à une pré-sélection et à un entrainement grandeur nature. Il convient néanmoins de noter les équipes n’étant pas arrivée dans les 8 premières ont quand même le droit de continuer le DRC et de se présenter l’année prochaine. Il faut aussi se rappeler qu’il y a trois catégories d’équipes présentes dans ce concours: d’abord celles devant concevoir à la fois le robot et sa programmation (avec des fonds de la DARPA), celles devant coder un robot fourni par la DARPA (ATLAS) et enfin celles devant construire le robot et son software sans soutien financier de la DARPA. Les résultats maintenant: le grand vainqueur de cette étape est la startup japonaise Schaft Inc. avec son robot S-One (photo ci-dessus), en effet, sur les 32 points possibles, l’équipe nippone en a remporté 27. Ce score est assez incroyable et pour avoir regardé le live des épreuves sur le web, je peux vous assurer que cette équipe est largement en avance sur toute les autres. On comprend donc mieux pourquoi Google en a fait l’acquisition juste avant le concours (on reparlera de ce formidable événement qu’est l’arrivée de Google dans la robotique). Les ingénieurs de Schaft sont quasiment tous issus du même laboratoire de robotique de la très réputée université de Tokyo et cela explique leur avance, ce dernier laboratoire étant parmi les plus à la pointe dans le monde (les robots HRP, Kenshiro et bien d’autres). Pour voir une magnifique vidéo de leur robot c’est ici. Nous fournirons des vidéos de leur performance au DRC prochainement.

Atlas, le robot fourni par Boston Dynamics
Atlas, le robot fourni par Boston Dynamics

Ensuite, en deuxième place nous retrouvons le robot ATLAS (photo ci-dessus), construit par Boston Dynamics et fourni par la DARPA à 7 équipes. C’est IHMC Robotics, une équipe issue d’un centre de recherche en Floride, qui prend cette place avec 20 points. Sachant de qui est capable ce robot il n’est pas étonnant de le retrouver en très bonne place. En fait, parmi les 8 premières équipes, 5 sont équipées du robot ATLAS (aux 2, 4, 6, 7 et 8 ème place). Sachant que Boston Dynamics fait aussi partie des sociétés rachetées par Google avant le DRC, on commence à voir à quel point l’entreprise californienne à l’origine du célèbre moteur de recherche investit lourdement dans le secteur de la robotique. Comme avec le DARPA Grand Challenge à l’origine du projet de voiture autonome de Google, cette dernière profite de l’opportunité donnée par la DARPA dans le domaine de la robotique.

CHIMP, le robot de Carnegie Mellon.
CHIMP, le robot de Carnegie Mellon.

En troisième place c’est le robot CHIMP construit par l’université Carnegie Mellon que l’on retrouve avec 18 points. Contrairement aux robots bipèdes précédents, celui-ci se déplace grâce à des chenilles, bien qu’il soit capable de se redresser pour manipuler des objets. La forme humanoïde n’est en effet pas obligatoire pour concourir au DRC même si la grande majorité des robots le sont (étant donné que l’objectif final est de se mouvoir dans un environnement construit par et pour l’Homme). L’autre robot original présent à Miami en décembre dernier est le Robosimian (première photo de l’article) du JPL, le célèbre centre de la NASA à l’origine de la grande majorité des sondes d’exploration spatiale. Celui-ci à réussi à obtenir une vénérable 5ème place avec 14 points. Derrière la simple concours de robotique il y a aussi un enjeu important d’un point de vue technique: la forme humanoïde est-elle vraiment la plus adaptée pour réaliser ce genre de tâches ? CHIMP et Robosimian seront les seuls à pouvoir contrecarrer l’armée d’humanoïdes qui sera présente en décembre prochain, pour l’épreuve finale. Car en plus de S-One et des nombreux robots ATLAS, on devrait retrouver  le robot de Virginia Tech, THOR , qui ne concourait pas à Miami (l’équipe concevant THOR utilisait un autre robot, THOR-OP, moins performant pour l’épreuve de Miami. Les deux sont en photo ci-dessous, THOR étant le plus grand). Le robot Hubo devrait aussi être présent bien que sa prestation est été plutôt décevante. Enfin, on pouvait s’attrister du fait qu’il n’y ait aucune équipe européenne dans ce concours mais il semblerait que l’année prochaine un humanoïde en provenance du vieux continent sera présent pour essayer de s’imposer face aux mastodontes américains et japonais. Nous reparlerons de ce robot prochainement.

THOR et THOR-OP, de Virginia Tech.
THOR et THOR-OP, de Virginia Tech.

Les robots du Darpa Robotics Challenge dévoilés.

Après une longue pause nous revenons avec des nouvelles en provenance de la DARPA et de son grand concours de la robotique, le Darpa Robotics Challenge (DRC). Pour rappel les équipes sélectionnés lors du « Virtual Robotics Challenge » (VRC) attendaient de voir le robot ATLAS développé par Boston Dynamics dans le cadre d’un contrat de près de 11 millions de dollars passé avec l’agence de recherche américaine. ATLAS  est un robot humanoïde de 150 kg et d’une taille de 1.88 m possédant une mobilité exceptionnel pour un robot de ce genre. Il est en effet le petit frère de PETMAN, le premier robot humanoïde développé par l’entreprise de Boston. Ce robot sera envoyé à chacune des 7 équipes sélectionnées et devra être programmé pour pouvoir réaliser les différentes épreuves prévues les 20 et 21 décembre 2013, lors du premier « tournoi » réel. Après des décennies de domination des japonais et surtout de Honda avec son robot ASIMO, il semble que désormais ATLAS soit le robot humanoïde le plus avancé au monde et avec plus d’une centaine de roboticiens travaillant en ce moment même sur cette machine, il ne fait aucun doute qu’en décembre prochain nous verrons des choses extraordinaires. 

Bien qu’ATLAS soit un robot d’un niveau technologique incroyable, il ne faudrait pas pour autant en oublier les concurrents de la catégorie A. En effet, ces équipes doivent construire leur propre robot et les solutions retenues sont parfois très différentes de la robotique humanoïde. Sur la vidéo ci-dessus on peut voir un premier aperçu de ces différents robots ( pour en savoir plus, voir les articles iciici et ici) et l’on peut déjà voir lesquels semblent les plus avancés. En tête il semble que l’équipe japonaise SCHAFT (des anciens chercheurs de l’université de Tokyo) soit clairement la plus avancée avec un robot qui effectue déjà un grand nombre des tâches demandées par la DARPA pour remporter de DRC. Ensuite le robot coréen Hubo, en association avec des universités américaines, semble lui aussi à un stade relativement avancé (il faut dire qu’il est développé depuis déjà de nombreuses années) bien que l’on ne puisse le voir sur cette vidéo (regardez plutôt ici, ici, ici et ici). Toujours dans les robots humanoïdes, THOR est un très beau projet menée par le laboratoire RoMeLa de VirginiaTech avec notamment une attention particulière accordée à la locomotion. En effet les « jambes » de ce robot s’inspirent de l’anatomie humaine et ses performances devraient être très intéressantes. Pour voir des vidéos de ce robot en particulier, regardez ici et ici. Enfin nous mentionnerons le projet le plus original du DRC: le RoboSimian du JPL (le laboratoire à l’origine de la plupart des sondes et rovers  de la NASA). Ce robot aura la particularité de se déplacer grâce à 4 « pattes » qui lui serviront aussi de bras avec des pinces au bout lui permettant de manipuler des objets et de s’agripper pour monter des échelles où des obstacles. RoboSimian semble plus avancé que le robot humanoïde Valkyrie construit par le centre Johnson de la NASA (par l’équipe à l’origine des robonauts). Il convient néanmoins de rester prudent sur les conclusions que nous pourrions tirer de ces vidéos car il ne faut pas oublier que le DRC reste un concours avec un prix de 2 millions de dollars à la clé et que les équipes peuvent préférer ne pas trop en dévoiler sur leurs machines pour éviter de donner des indications aux adversaires qui mettraient en danger leurs chances de victoire. 

Le robot Atlas de Boston Dynamics
Le robot Atlas de Boston Dynamics

Sélection de vidéos.

Pour fêter son 11ème anniversaire, SpaceX a mis en ligne une magnifique vidéo résumant ses principales réussites. On peut y voir notamment la fusée Falcon 9, la capsule Dragon ou encore le prototype de lanceur réutilisable « Grasshopper« . La société d’Elon Musk est aujourd’hui une des meneuses de ce que l’on appelle maintenant le « new space », c’est à dire la nouvelle conquête spatiale menée non plus par les états mais par des entreprises privées (bien qu’une grande part des investissements soient encore d’origine publique). Autre vidéo en provenance de SpaceX, celle du test final de qualification du moteur Merlin 1D. Celui-ci s’appuie sur la technologie des moteurs Merlin utilisés sur les cinq premiers vols de Falcon 9. Avec neuf Merlin 1Ds sur le premier étage, la fusée Falcon 9 produira près de 700 tonnes de poussée. Les tests ont eu lieu dans les installations de SpaceX au Texas, à McGregor.

Dans la vidéo ci-dessous, le Biorobotics Lab de l’université Carnegie Mellon nous présente sa dernière création robotique en date. Il s’agît d’un robot serpent capable de s’enrouler autour d’arbres, de branches ou encore de poteaux et cela en plein « vol ». En utilisant des accéléromètres à l’intérieur de chaque module du robot serpent celui-ci est en mesure de détecter si il rencontre un obstacle après avoir été jeté et peut ainsi automatiquement s’enrouler autour. Ces recherches sont financées par le Army Research Lab de l’armée américaine. On image ce robot pouvant servir aux fantassins comme outil de renseignement et d’espionnage.

Nous parlions il y a quelques temps de roboy, le robot développé par des chercheurs suisses de l’université de Zurich qui a la double particularité d’être conçue de façon à copier le plus possible l’anatomie humaine et d’être financé en grande partie grâce à des dons (crowfunding). Ce robot a été présenté de manière officielle le 8 mars dernier au congrès « robots on tour » (une vidéo résumé peut être vue ici). La vidéo ci-dessous présente la machine dans son état actuel d’avancement et on peut notamment y voir que la synthèse vocale est dorénavant installée. Le robot n’en est qu’à ses débuts et il doit encore apprendre de nombreuses choses comme se tenir debout et marcher. Nous suivrons son développement qui s’annonce prometteur.

Enfin, pour terminer, une vidéo de quadricoptères (encore). Cette fois ils sont capables d’attraper des objets en plein vol grâce à une pince installée sous leur « ventre », à la manière d’un rapace se saisissant de sa proie. Ce sont des chercheurs de l’université de pennsylvanie qui sont à l’origine de cette amélioration qui pousse encore un peu plus loin les capacités de ces étonnantes machines.

Les vidéos de la semaine.

On a déjà parlé de l’entreprise Boston Dynamics et de ses incroyables robots et la vidéo ci-dessus montre les dernières avancées réalisées sur leur projet BigDog. Pour rappel, ce quadrupède possédant une très grande stabilité est destiné à des applications militaires (en fait une version plus récente nommée LS3, BigDog est un projet de recherche). Il servira à transporter du matériel lors des missions pour soulager les soldats. Dans la vidéo on peut voir que les ingénieurs de Boston Dynamics ont ajouté un quatrième membre capable de saisir des objets et de les balancer plus loin. L’utilité d’un tel « bras » réside dans le fait qu’en terrain naturel, le robot sera amené à rencontrer de nombreux obstacles et il pourra s’avérer intéressant de les écarter plutôt que de les contourner. On attend rapidement d’autres vidéos pour voir BigDog en action dans diverses situations.

Sur la vidéos ci-dessus on peut voir le dernier essai en date du Phantom Eye de Boeing. Le Phantom Eye est un prototype de drone de type HALE (Haute Altitude, Longue Endurance) en cours de développement. Propulsé à l’hydrogène, il est conçu pour mener des missions d’intelligence, de surveillance, et de reconnaissance (ISR). Le vol, qui a eu lieu le 25 février, a duré 66 minutes et le drone a atteint une altitude de plus de 2.4 km et une vitesse de 114 km/h.

Enfin, deux petites vidéos de robots pour finir, la première ci-dessus dévoile l’aide que peut apporter les bras robotique compatible avec la présence humaine aux handicapés. C’est une startup canadienne, Kinova, qui est à l’origine de ce produit d’ores et déjà  commercialisé. La vidéo ci-dessous nous montre les performances des robots serpents de l’université Carnégie Mellon, aux USA. Ces robots sont envisagés pour de multiples applications qui vont de la recherche de survivants après une catastrophe à la surveillance des infrastructures difficiles d’accès en passant par l’espionnage et la recherche de renseignements militaires.

Les vidéos de la semaine.

La Nasa vient de mettre en ligne une magnifique vidéo d’observation du Soleil. Le 19 juillet 2012, la sonde d’observation SDO (Solar Dynamics Observatory) qui observe notre étoile a eu la chance d’enregistrer des images d’une éjection de plasma de toute beauté (on appelle aussi ce phénomène « pluie coronale »). On peut remarquer la forme de la trajectoire en « anneau » des particules éjectées, ceci due au fait qu’il règne autour du Soleil un très fort champ magnétique et qu’ainsi les particules chargées (un plasma est un gaz de particules chargées) suivent les lignes de ce champ. Les images sont splendides.

Cette seconde vidéo nous montre la dernière invention du Biomimetic Millisystems Lab  de Berkeley. Il s’agît d’un petit robot de 12 cm nommé STAR (pour Sprawl-Tuned Autonomous Robot) et capable de surmonter une grande variété d’obstacles. STAR peut se déplacer à 5,2 m/s (43 fois la longueur de son corps/seconde) sur une surface lisse ce qui en fait le robot rampant le plus rapide au monde. Ce robot sera présenté officiellement en mai prochain en Allemagne, à la conférence ICRA. Si les robots s’inspirant du monde animal vous intéresse vous pouvez en apprendre plus grâce à ce précédent article.

On parlait la semaine dernière des incroyables prouesses des quadricoptères et cette semaine l’école polytechnique fédérale de Zurich nous montre une nouvelle performance impressionnante de ces machines. Dans la vidéo ci-dessus on peut voir un quadricoptère attraper un bâton lancé par un autre en plein vol et réussir à le maintenir en équilibre. Où s’arrêteront ces machines ? Enfin, petit bonus, la vidéo ci-dessous est pour tout ceux qui rêve d’un jour monter dans un avion de chasse ou même de devenir pilote de chasse. Ces images ont été prises le 10 février dernier, à bord d’un Rafale biplace parti de N’Djamena (Tchad) pour effectuer une mission au Mali.

La robotique spatiale du futur.

En tant que passionné de spatial et de robotique,  je me devais de parler de l’union de ces deux disciplines. Aujourd’hui l’exploration du système solaire est en intégralité menée par des sondes, des landers ou des rovers. L’humanité dans son ensemble dirige en ce moment même 17 missions robotisées dans l’espace. La plus lointaine est la sonde Voyager 1 qui a atteint les limites du système solaire (à plus de 18 milliards de km de la Terre). La plus rapide (qui est aussi la création humaine ayant atteint la plus grande vitesse) est la sonde d’observation du soleil Helios 2 qui a atteint 70 km/s (252.000 km/h) en 1976. Le rover Curiosity de la NASA est l’engin roulant le plus lourd jamais envoyé sur un autre corps du système solaire (on reparlera de cette fantastique mission prochainement). Mais pour cet article, je vais parler des robots encore à l’état de prototype ou de projet. Les premiers, ceux présents dans la vidéo ci-dessus, sont construits par le DLR (l’agence spatiale allemande). Le robot hexapode que l’on voit en premier se nomme DLR Crawler. Il a été développé pour des missions d’exploration planétaire (par exemple sur Mars) et présente plusieurs avantages: il n’a pas besoin de « chemin » dégagé puisqu’il est capable de grimper sur les rochers et de se faufiler entre les obstacles grâce aux différentes postures qu’il peut prendre. De plus il est conçu pour pouvoir continuer à avancer même avec la perte de plusieurs pattes.

robot_justin

Le second robot de la vidéo porte le doux nom de Rollin’ Justin. L’objectif principal de Justin est d’aider les astronautes dans les stations spatiales ou les vaisseaux d’exploration. Pour cela il a été conçu dès le début comme un robot collaboratif c’est à dire que ses systèmes sont élaborés dans le but de ne présenter aucun dangers pour les humains qui se trouvent à côté de lui. Ses mains préhensiles lui permettent de manipuler les outils utiles pour l’entretien et la réparation des structures spatiales. Il sera d’abord utilisé via un contrôle à distance, depuis la Terre ou depuis une station, mais il est envisagé de le doter d’une plus grande autonomie dans le futur pour qu’il puisse réaliser ces tâches le plus possible sans aide humaine. Des vidéos de ses exploits sont visibles ici et ici. D’autres robots sont développés par le DLR comme le bras résistant aux chocs que l’on peut voir à la fin de la vidéo. Des jambes qui pourraient être adaptées sur Justin ont aussi été développées (vidéo ici).

Dans le même genre il y a le Robonaut 2 (R2) de la NASA, le premier robot humanoïde lancé dans l’espace. Il commence à peine ses tests et devrait permettre de mieux maîtriser l’utilisation de tels systèmes dans un environnement sans gravité. La vidéo ci-dessus montre un autre robot semblable à R2: il s’agit de AILA, conçu en Allemagne, notamment par l’université de Brême. On le voit ici utiliser sa dextérité pour manipuler un tableau de contrôle similaire à ceux que l’on peut trouver dans l’ISS. Ce robot, comme Justin et R2, est d’abord utilisé de manière téléopéré. Il est vrai que ces projets d’assistance à l’homme en milieu spatial ont le vent en poupe en ce moment (les russes développent aussi leur robot assistant S-400) mais plusieurs chercheurs imaginent ce à quoi pourrait ressembler les successeurs de Curiosity. On a vu le Crawler mais ce n’est pas le seul, par exemple le Space Climber (photo ci-dessous), d’un style proche, peut aussi nous donner une idée de ces futurs robots. Récemment, des chercheurs de Stanford et du JPL ont proposés des robots « sauteurs » en forme de boule. Ils seraient adaptés, du fait de leur faible gravité, à l’exploration d’astéroïdes ou de satellites comme Phobos, une des lunes de Mars. Dans tous les cas, il semble probable que dans un futur pas très lointain les robots d’explorations évoluerons vers des formes différentes qui peuvent paraître relever aujourd’hui encore de la science-fiction. Et pour rêver un peu, en cadeau, je vous propose de regarder cette magnifique vidéo qui illustre un ancien projet de la NASA désormais arrêté.

SpaceClimberPT.jpg-be3ad10fb7da2b46

Les robots de Boston Dynamics

Pour ce premier post traitant de la robotique je souhaitais commencer avec les robots construits par une petite entreprise américaine basée à Boston : Boston Dynamics. Pourquoi s’intéresser particulièrement à celle-ci ? Simplement parce que les robots construits par cette société crée par des anciens chercheurs du prestigieux MIT sont probablement parmi les plus avancés au monde. Fondée en 1992 par Marc Raibert, Boston Dynamics travaille aujourd’hui principalement avec l’armée américaine et notamment l’agence de recherche militaire DARPA. L’une des principales caractéristique de leurs machines est de s’inspirer fortement des créatures du monde animal. Je ne parlerais pas dans ce post des robots humanoïdes bien que dans ce domaine aussi leurs performances sont incroyables. Ils feront l’objet d’un post à part.

LS3

Le premier robot est le LS3 (image d’artiste ci-dessus). C’est ce robot qui est présent dans la première vidéo de ce post. L’objectif de LS3 est de servir de mule pour les soldats américains en mission avec la capacité de porter jusqu’à 180kg de matériel sur une distance de plus de 32 km à une vitesse maximale de 11km/h sur terrain plat. Ce robot possédera une certaine autonomie puisqu’il sera capable de suivre sans intervention humaine un soldat de l’escouade (dans la vidéo le robot n’est pas commandé à distance, il évite lui même les obstacles). Les tests en conditions réelles sont en cours et continuerons cette année et une version quasi définitive devrait être livrée aux corps des Marines en 2014.

Le robot suivant (vidéo ci-dessus) se nomme Cheetah (Guépard en français) et est encore soutenu par la DARPA. Son objectif est de courir le plus vite possible (on imagine que ce genre de robot pourra être utilisé pour des missions de type renseignement ou sauvetage) et le moins que l’on puisse dire c’est ce robot est plutôt bon dans ce domaine. En effet, en août 2012, Cheetah a reussi à atteindre la vitesse de 45.06 km/h soit le record pour un robot à pattes. Pour avoir une idée de la performance, l’humain le plus rapide au monde, Usain Bolt, a été battu par ce robot puisqu’il n’a réussi à atteindre « seulement que » 44,72 km/h. Une version plus grande et pouvant se déplacer en environnement extérieur de manière libre est en développement. Ce robot, nommé Wildcat, devrait être testé début 2013 (voir l’image ci-dessous).

wildcat

Pour finir je parlerais rapidement du robot SandFlea (vidéo ci-dessous) capable d’effectuer des sauts de plus de 9 mètres. Il est développé pour l’US Army et pourra être utilisé pour des missions dans des environnements urbains de type renseignement, infiltration ou secours. De plus il est capable de réaliser jusqu’à 25 sauts avec une seule charge (capsule de CO2).