Des nouvelles de SpaceX (et il s’en est passé des choses !)

Après pas mal de temps d’absence voici un article qui va vous faire un résumé de ce qui a été réalisé par la société SpaceX lors de l’année passée.

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Pour rappel SpaceX c’est la société privée qui a bouleversé le milieu du spatial ces dernières années. Elle a réussi à réduire les prix d’accès à l’espace d’environ 30% par une stratégie de centralisation de toute la construction de ses engins spatiaux dans un même lieu, à Hawthorne en Californie. Chez SpaceX il rentre dans les usines des taules en métal, et il ressort des fusées ; la quasi totalité de l’apport de valeur est réalisé dans leurs locaux.

Son créateur Elon Musk est un peu la star de la Silicon Valley à l’heure actuelle. En effet du haut de ses 44 ans il a eu le temps de créer une multitudes d’entreprises de niveau mondial : Paypal, Tesla Motors, Solar City, et donc SpaceX. Il est également porteur du projet Hyperloop. Mais SpaceX est probablement l’entreprise qui a le plus de valeur à ses yeux, en effet Musk a un rêve fou, il veut être à la tête de l’entreprise qui permettra à l’Homme d’aller sur Mars, il veut que SpaceX devienne la future société de transport entre la Terre et Mars. Et pour cet objectif il met tous les moyens.

Depuis sa création en 2002, SpaceX n’a cessé de franchir les étapes pour devenir un acteur majeur du milieu du spatial. En 2006 son premier lanceur léger est construit : le Falcon 1, qui subira trois échec lors des premiers lancements. En 2008 pour son quatrième lancement le Falcon 1 va au bout de sa mission. En 2009 le premier satellite est mis en orbite.  En 2010 SpaceX lance son lanceur moyen le Falcon 9 avec un succès dès son premier lancement. La même année est mise en orbite pour la première fois de l’histoire une capsule spatiale réalisée entièrement par une société privée : la capsule Dragon. En 2011 cette capsule apporte pour la première fois du fret à la Station Spatiale Internationale (ISS). Depuis SpaceX a enchaîné les lancements que ce soit pour ravitailler l’ISS ou pour lancer des satellites pour des entreprises privées. Elle a dévoilé en 2014, comme nous vous en avions parlé dans notre dernier article, sa nouvelle version de sa capsule Dragon, le Dragon V2. Cette capsule doit pouvoir transporter des hommes dans l’espace et les faire ré-atterrir à l’aide de propulseurs, c’est juste exceptionnel.

Mais alors que s’est-il passé de nouveau en 2015 ? Et bien il s’est encore passé plein de chose et c’est ce qui est bien avec SpaceX, ils ne nous laissent pas nous ennuyer.

SpaceX cherche encore à réduire ses coûts d’accès à l’espace en réutilisant les différents étages de son lanceur comme expliqué ici. Cette année SpaceX a fait plusieurs tests afin de faire atterrir le premier étage de son Falcon 9 sur une barge au milieu de l’océan Pacifique. Tous les essais ont échoué mais le plus probant est sûrement celui décrit dans cette vidéo.

Cette autre vidéo d’un autre échec est également très impressionnante.

Vous me direz : « Mais ils n’y arrivent pas du tout ! ». En effet, mais faire atterrir une fusée venant de l’espace sur une barge de 50m sur 100m n’a rien de simple, c’est sûrement pour cela que cela n’a jamais été réalisé. Et ils ne sont vraiment pas loin de réussir après tout. Donc on ne peut qu’espérer que cela va marcher bientôt.

SpaceX a également dû prouver cette année qu’elle était capable de sécuriser le trajet des astronautes qui voyageront dans sa capsule Dragon V2. En cas de problème pendant le lancement un système d’urgence doit se déclencher et propulser les astronautes loin du danger afin de les faire revenir sur Terre sans encombres. Ce système a été validé cette année et ce test peut être visualisé sur la vidéo suivante.

Pour terminer, l’année ne s’est pas bien finie pour SpaceX qui a connu son premier échec sur un lancement de Falcon 9. Ce lanceur qui n’avait jamais fait défaut et qui a connu 18 lancements réussis d’affilés, a finalement explosé en vol lors de son 19ème lancement cette année.

Cependant malgré cet échec SpaceX, qui a été un peu ralentie, continue a avancer à toute vitesse et annonce pour l’année qui vient des événement hors du commun. Elle va dévoiler son nouveau lanceur lourd le Falcon Heavy lors du premier semestre 2016. Ce lanceur sera le plus puissant jamais construit par l’Homme a l’exception faite de la légendaire Saturne V qui a emmené des astronautes sur la lune.

SpaceX va également poursuivre ses tests de récupération du premier étage de sa fusée Falcon 9. Elle va continuer à ravitailler l’ISS et à envoyer des satellites dans l’espace. Elle va aller plus loin dans sa capacité à envoyer des hommes dans l’espace.  SpaceX est également à l’avant garde sur d’autres sujets que nous aborderons dans d’autres articles. Ils nous tiennent en haleine !! Donc si comme moi vous voulez savoir comment va évoluer cette société continuez à nous suivre pour avoir les dernières informations à leurs sujet. Et si vous avez des questions n’hésitez pas !

Un mini trou noir pour propulser des vaisseaux interstellaires ?

Vue d'artiste d'un vaisseau utilisant l'énergie émise par un trou noir pour se propulser.
Vue d’artiste d’un vaisseau utilisant l’énergie émise par un trou noir pour se propulser.

Dans cet article nous allons discuter d’un concept qui s’apparente en tout point de la science-fiction. Il convient donc de préciser que cette réflexion , issue de l’organisation « Icarus Interstellar« , est avant tout une extrapolation de résultats physiques qui nous semblent aujourd’hui acquis mais qu’il est nécessaire de relativiser. Il n’y a aujourd’hui aucun projet concret et même aucune preuve que ce concept soit viable. Ces précautions bien à l’esprit, nous pouvons donc maintenant voir de quoi il retourne. Aujourd’hui, l’exploration spatiale fait partie de notre quotidien, à chaque instant des hommes s’affairent dans l’espace, en orbite terrestre, des rovers parcourent quelques mètres sur les surfaces lunaire et martienne ou bien encore des sondes s’aventurent aux abords de comètes et des confins du système solaire. Tout cela représente déjà quelque chose d’extraordinaire et lorsque l’on réalise que l’espèce humaine n’a eu accès à l’espace qu’il y a un peu plus d’un demi-siècle, on ne peut qu’être impressionnés par cette infatigable capacité d’exploration. Malgré toute ces réussites nous sommes destinés à rencontrer un jour un problème majeur si nous désirons continuer notre exploration: les dimensions astronomiques de l’Univers. On ne sait même pas à l’heure actuelle si celui-ci est fini ni même de quoi il est réellement composé: selon la tendance actuelle en cosmologie il serait constitué de seulement 5% de matière ordinaire, le reste étant les désormais célèbres énergie et matière noire. La sonde la plus rapide construite par l’humanité, la sonde Voyager 1, mettrait plus de 80 000 ans à atteindre l’étoile Proxima du Centaure (l’étoile la plus proche de nous, à 4.2 années lumières) si elle était sa destination. Ainsi, une fois que nous aurons fait le tour du système solaire (j’en conviens, c’est pas pour demain), les prochaines destinations seront certainement les autres étoiles et les milliards d’exoplanètes existantes dans notre galaxie et alors se posera la question de savoir comment y accéder. 

Un "Schwarzschild Kugelblitz drive"
Un « Schwarzschild Kugelblitz drive »

C’est ici le que le concept de « Schwarzschild Kugelblitz drive » entre en jeux. Le problème majeur de la propulsion spatiale reste l’énergie, sa production et son stockage et actuellement deux solutions sont utilisées: l’énergie chimique et l’énergie électrique. La première permet d’atteindre de très fortes poussées capables d’arracher nos fusées du sol terrestre et la deuxième permet d’obtenir de grandes vitesses mais sur un temps beaucoup plus long (c’est pour cela que l’on ne verra jamais un engin décoller de la Terre grâce à des propulseurs électriques (où à plasma). La solution, pour notre concept, consisterait donc à utiliser une des sources d’énergie les plus incroyables de l’univers: les trous noirs ou plus exactement le rayonnement que ceux-ci émettent au cours de leur vie. Bien évidemment nous n’allons pas créer ou utiliser un trou noir de la taille de celui présent au centre de notre galaxie, il est inimaginable d’essayer de contrôler une tel monstre. En revanche, le physicien John Wheller émit pour la première fois en 1955 l’idée de créer des minis trous noirs grâce à une focalisation extrême d’énergie (en temps et en espace). Et l’auteur de l’étude pense que seuls des lasers à rayons gamma dotés de durées d’impulsions 100 milliards de fois plus faibles que celles que l’on sait faire actuellement seraient capables de créer un tel mini trou noir (nommé aussi Schwarzschild Kugelblitz). Pour se faire une idée, ce dernier serait minuscule puisqu’il aurait environ la taille d’un proton mais la masse de deux Empire State Building. Une fois ce trou noir artificiel crée, on pourrait récupérer son énergie grâce à un phénomène physique démontré par le célèbre Stephen Hawking: le rayonnement qui porte son nom. En effet, un trou noir s’évapore lors de sa vie jusqu’à mourir (au bout de 5 ans pour notre version miniature) et cette évaporation se fait en émettant un rayonnement et donc de l’énergie. L’idée serait donc de récupérer cette énergie grâce à ce que l’on appelle des coquilles de Dyson. Ce physicien avait imaginer en 1960 qu’une civilisation suffisamment avancée pourrait récupérer l’énergie des étoiles en les enfermant dans des coquilles gigantesques (imaginez le soleil encerclé de panneaux solaires très très efficaces). Pour notre vaisseau, c’est le mini trou noir qui serait partiellement entouré d’une telle coque et l’énergie ainsi récupérée permettrait d’alimenter un moteur classique (en chauffant un gaz d’hydrogène par exemple). Le titre de cet article est donc un peu trompeur puisque en fait ce n’est pas la façon de se propulser qui changerait (contrairement au cas des « warp drive ») mais bien la façon de récupérer l’énergie. Grâce aux 5 années d’existence du Schwarzschild Kugelblitz, le vaisseau pourrait ainsi atteindre théoriquement 72% de la vitesse de la lumière (avec une conversion d’énergie parfaite) ce qui permettrait de visiter de nombreuses étoiles à l’échelle d’une vie humaine. A vous de vous faire votre idée sur ce concept mais gardez bien à l’esprit qu’aucune agence spatiale n’investit à l’heure actuelle dans un projet semblable à celui-ci et d’autres concepts pourraient tout aussi bien se révéler plus intéressants (Comme le projet Deadalus de propulsion grâce à l’énergie de fusion nucléaire dont nous parlerons prochainement, image ci-dessous).

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Le concept Deadalus utilisant comme source d'énergie la fusion nucléaire.
Le concept Deadalus utilisant comme source d’énergie la fusion nucléaire.

Un nouvel âge d’or pour le spatial ? (partie 4)

Les ingénieurs de l’ESA (parmi d’autres) doivent êtres aux anges ce soir. La sonde Rosetta vient en effet de donner signe de vie après un sommeil de presque 1000 jours qui lui a permis de se rapprocher de sa cible: la comète Churyumov-Gerasimenko. Cette mission de près d’un milliard d’euros et lancée en mars 2004 à bord d’une ariane 5 vise à mieux comprendre la composition du noyau de la comète grâce à la première mise en orbite d’une sonde autour d’un tel corps. Ces études sont nécessaires pour essayer de mieux comprendre comment s’est formé le système solaire. Mais Rosetta n’est pas seule dans son voyage: elle est accompagnée d’un petit atterrisseur, nommé « Philaé » (image ci-dessous), qui se posera sur le sol de la comète grâce, notamment, à des harpons et des petit propulseurs. Cette phase sera extrêmement délicate puisque la gravité ainsi que la composition de la comète rendent toute manœuvre difficile. L’atterrissage est prévu le 11 novembre 2014 et si celui-ci est un succès alors la mission Rosetta pourra sans aucun doute être considérée comme un des plus beaux exploits de la science spatiale européenne.

Vue d'artiste de Philaé posé sur la comète Churyumov-Gerasimenko
Vue d’artiste de Philaé posé sur la comète  Churyumov-Gerasimenko

La prochaine grande mission de l’ESA sera, en collaboration avec l’agence spatiale japonaise (JAXA), BepiColombo, à destination de Mercure. Parmi les objectifs de cette mission ne comprenant que des orbiteurs figure notamment l’explication de l’existence d’un fort champ magnétique autour de Mercure ou encore la détermination de la nature (liquide ou solide) du noyau de la planète. D’un point de vue technologique et plus particulièrement de la propulsion la sonde embarquera la solution prometteuse de l’électrique avec un propulseur à grilles, capable de fournir une faible poussée mais une forte Isp (vitesse d’éjection du gaz). Décollage en août 2015 et insertion en orbite mercurienne en janvier 2022. Ensuite ce sera au tour de la mission phare de la décennie pour l’agence spatiale européenne (en forte collaboration avec l’agence spatiale russe): Exomars. Cette dernière sera en faite en deux parties: une première mission en 2016 qui sera constituée d’une orbiteur et d’un atterrisseur. Ce dernier servira de répétition géante avant la grande mission de 2018 qui devrait voir pour la première fois de l’Histoire un rover européen fouler le sol martien (image ci-dessous). Bien que fourni en énergie grâce à des panneaux solaires (et donc possédant une durée de vie moins grande qu’un Curiosity et sa pile nucléaire), le petit engin aura la capacité particulièrement intéressante de forer le sol à la recherche, en autre, de possibles traces de vie sur la planète rouge. Après plusieurs problèmes de financement, notamment à cause de désistement de la NASA, Exomars semble aujourd’hui bel et bien sur les rails, pour notre plus grand plaisir.

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Le rover de la mission Exomars.
Le rover de la mission Exomars.

De nouvelles images du futur lanceur géant SLS de la NASA.

Le SLS de la NASA.
Le SLS de la NASA.

Depuis la fin des navettes spatiales américaines en juillet 2011 et l’abandon du programme Constellation en 2010 (programme lancé par George W.Bush en 2004 avec pour objectif un retour sur la Lune en 2020), la NASA se concentre sur deux grands projets: la capsule Orion (MPCV) de 6 personnes destinée à l’exploration humaine du système solaire ainsi que le lanceur super-lourd SLS (pour Space Launch System), capable de mettre en orbite les éléments nécessaires à des missions lointaines. Ce mastodonte, digne successeur de la Saturn V, sera en effet en mesure de mettre jusqu’à 130 tonnes en orbite basse (70 tonnes pour la première version), de quoi assembler de grandes structures spatiales pour un voyage vers la Lune, Mars ou encore un astéroïde. L’autre grand avantage de ce lanceur concerne l’exploration robotique du système solaire. Il permettra en effet, en plus d’emporter un plus grand nombre d’instruments scientifiques, d’insérer les sondes sur des trajectoires directes alors qu’à l’heure actuelle une assistance gravitationnelle est souvent nécessaire. Cela permettra de réduire de plus de la moitié les temps de voyage vers les planètes géantes ou leurs lunes. La NASA évoque notamment une possible mission de récupération d’échantillons dans les geysers d’Encelade, une des lunes de Saturne. Mais la mission qui reçoit en ce moment le plus de soutient de la part des politiques, des scientifiques et d’organisations telles que la Planetary Society est certainement celle à destination d’Europe, la célèbre lune de Jupiter. Cette mission, connue sous le nom d »Europa Clipper », consisterait à étudier si Europe est, ou a été, capable d’accueillir la vie. Il existe aujourd’hui une vraie communauté aux Etats-Unis qui pousse pour que le congrès et la Maison Blanche valide cette mission en 2015. Le lancement d’Europa Clipper serait une très bonne nouvelle pour le SLS qui subit actuellement de nombreuses critiques quand à sa réelle utilité. Le premier vol du lanceur est prévu pour décembre 2017, avec le lancement d’une capsule Orion qui effectuerait un survol de la Lune et un retour à grande vitesse sur Terre pour tester le bouclier de la capsule. La deuxième mission n’est pas prévue avant 2021 avec un vol habité vers un astéroïde pour le capturer et l’amener en orbite lunaire, en vu de l’étudier et possiblement de l’exploiter. Bien évidemment, le futur du SLS est encore assez incertain et l’arrivée massive du spatial privé (SpaceX a déjà évoqué un lanceur de la même catégorie) pourrait très bien remettre en question son avenir.

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La coiffe du SLS.
La coiffe du SLS.

Des nouvelles du Google Lunar X Prize.

Annoncé en septembre 2007, le Google Lunar X Prize (GLXP) est un concours au sein duquel différentes équipes s’affrontent pour réussir à envoyer les premiers un robot sur la Lune. Celui-ci doit se poser, avant le 31 décembre 2015, sur la surface selene, se déplacer sur au moins 500 m et envoyer des images et des données vers la Terre. La somme de 30 millions de dollars est en jeux, répartie en plusieurs prix donc un principal de 20 millions destiné à la première équipe qui réussira à accomplir ces performances. La deuxième remportera quand à elle 5 millions de dollars. Le reste pourra être remporté par les équipes réalisant des tâches supplémentaires. Ce concours, organisé par la fondation X-Prize et soutenu financièrement par Google, est la suite du célèbre Ansari X-Prize qui a vu la victoire de SpaceShipOne et ainsi entraîné la création de Virgin Galactic par Richard Branson. Pour augmenter l’enjeu, les organisateurs ont de plus décidé de faire passer le grand prix de 20 millions à 15 millions de dollars dans le cas où un rover lunaire serait envoyé par un état quelconque avant qu’une équipe du GLXP ne le fasse. Malheureusement pour celles-ci, il semble que la Chine enverra son rover (Chang’e 3) en décembre prochain et aucune équipe ne paraît en mesure de tenter une mission avant cette date. Sur les 22 équipes, seulement 2 ont à l’heure actuelle un contrat de lancement signé: Astrobotic devrait lancer son lander et son rover grâce à une Falcon 9 de SpaceX en octobre 2015 et Barcelona Moon Team devrait en faire de même en juin 2015 grâce à un lanceur Chinois Long March 2C. En plus de ces deux équipes qui partent forcément favorites grâce à ces contrats de lancement, on peut aussi citer la start-up Moon Express qui, bien qu’elle n’ai pas encore de contrat, semble posséder une équipe de très haut niveau et est surtout financé par le milliardaire Naveen Jain (un lander, développé avec la NASA, peut être vu dans cette vidéo). Sur la vidéos en début d’article sont présentées les différentes avancées réalisées par plusieurs équipes. Néanmoins ce concours commence à dater quelque peu et de nombreuses critiques ont été émises remettant en cause la faisabilité de réaliser une telle mission avec si peu de moyens. Attendons donc 2015, année qui devrait voir la première mission tentée par un des concurrents.

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Le Google Lunar X Prize
Le Google Lunar X Prize

Le crowdfunding à la rescousse de l’astronautique. Partie 2.

La semaine dernière nous avions parlé des projets de crowdfunding (financement participatif) réussis et avant de passer au cas des projets qui ont rencontré moins de succès il convient de revenir sur le cas de la campagne menée par Planetary Resources pour financer son petit satellite d’observation ARKYD. En effet, il s’agît à l’heure actuelle du projet astronautique ayant rencontré le plus grand succès depuis les débuts de l’ère du crowfunding. C’est ainsi plus de 1,5 millions de dollars qui ont été récoltés par la jeune start-up soutenue, entre autres, par Larry Page et Eric Schmidt, les patrons de Google (le seuil minimum visé était de 1 million de dollars). Cet argent servira à financer la construction et le lancement d’ARKYD pour que celui-ci puisse réaliser sa mission: repérer les astéroïdes présentant un intérêt en terme de ressources minières. Ces succès ne doivent cependant pas masquer la réalité: il existe aussi des échecs. Le premier que l’on peu citer est celui mené par une équipe de l’université du Michigan concernant la mise au point d’un petit propulseur plasmique, nommé CAT (CubeSat Ambipolar Thruster), qui permettrait de doter les CubeSats d’un moyen de propulsion efficace pour des missions, aussi bien en orbite terrestre qu’en espace plus lointain dans le système solaire. Ce système permettrait de placer l’exploration spatiale à portée de bien plus de monde, notamment les laboratoires de recherche, les universités où même les associations privées. L’objectif financier visé par l’équipe sur kickstarter était de 200 000 dollars. Malheureusement la période de financement de 32 jours n’a permis de récolter que 68 000 dollars et comme le règlement du site l’impose, si le seuil visée n’est pas atteint, aucune somme n’est reversée aux initiateurs du projet. Cet échec n’est néanmoins pas total puisque cette campagne a permis aux chercheurs de se faire connaître et il semblerait que des investisseurs privés soient intéressé par le propulseur CAT. De plus l’équipe envisage de relancer prochainement une deuxième campagne sur kickstarter en réduisant le seuil minimum et en améliorant la publicité faite sur le projet. Affaire à suivre donc.

Autre projet ayant subit un échec lors de sa tentative de se faire financer par la méthode du crowdfunding. Cette fois c’est via le site Indiegogo, concurrent de kickstarter, que la société Golden Spike Company (nous parlions d’elle il y a quelques temps) a tenté de récolter au moins 240 000 dollars pour financer ses projets. Pour rappel, l’objectif de cette start-up crée par Alan Stern est de commercialiser des voyages sur la Lune pour des états, des entreprises où même des particuliers (au tarif, tout de même imposant, de 1.5 milliards de dollars). Par cette campagne de crowdfunding c’est la mise au point de l’architecture et des systèmes nécessaires à une telle mission qui était visée. Au final, seulement un peu plus de 19 000 dollars ont été récolté sur une période de plus de 2 mois. Contrairement au site kickstarter, l’ensemble des fonds récoltés, même si le seuil fixé n’est pas atteint, sont reversés aux initiateurs du projet (moins une taxe que le site s’octroie). Cette campagne représente donc un échec majeur pour la jeune Golden Spike Company et on peut donc se demander quelles autres alternatives de financement elle va chercher dans le futur. Notons néanmoins qu’il semble plus facile de lever des fonds sur kickstarter que sur Indiegogo et les équipes de projets astronautiques l’ont semble t-il remarqué. Il sera intéressant d’observer l’évolution de ce moyen de financement dans le futur et on peu se permettre d’être optimiste lorsque l’on sait que le plus gros succès de crowdfunding jamais réalisé a permis de récolté plus de 15 millions de dollars fournis par plus de 224 000 personnes (pour un jeux vidéo, Star Citizen).

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Le petit propulseur CAT trouvera-t-il l'argent pour permettre l'exploration du système solaire via les CubeSat.
Le petit propulseur CAT trouvera-t-il l’argent pour permettre l’exploration du système solaire via les CubeSat.

La société suisse S3 veut construire sa navette suborbitale.

Du nouveau venu dans le monde du suborbital. La société suisse Swiss Space Systems (S3), annoncée en mars dernier, est la première européenne à se lancer réellement dans la course au suborbital et au lancement de petites charges en orbite. Lors de la présentation de l’entreprise il était question  de mettre au point une petite navette suborbitale qui transporterait  dans sa soute un satellite de 250 kg (ainsi que des nanosatellites). Cet engin, nommé SOAR, serait lancé à partir d’un AIRBUS A300 zéro G d’une façon semblable au SpaceShipTwo de Virgin Galactic à la différence que la navette serait installée sur le dessus de son avion porteur. Le système de S3 se présente comme un concurrent direct du Launcher One de la société de Richard Branson. D’une manière générale ce genre de projet est à prendre avec beaucoup de pincettes car nombreuses sont les ambitieuses startups aujourd’hui disparues mais dans ce cas plusieurs indices nous laissaient penser que l’affaire était sérieuse. D’abord on retrouve comme conseiller principal le premier astronaute suisse Claude Nicollier, présent sur 4 missions de navettes américaines différentes. Ensuite l’entreprise compte actuellement 40 employés, ce qui représente un nombre important dans ce domaine (par exemple des entreprises comme Masten ou Armadillo ne comptent qu’une dizaine de membres). Enfin, et surtout, le budget global actuel de S3 est de plus de 260 millions de dollars, ce qui est imposant. Le sponsor principal est le célèbre horloger suisse Breitling et Dassault Aviation ou encore l’ESA soutiennent techniquement le projet. Aujourd’hui, Swiss Space Systems annonce un accord avec Thales Alenia Space et le centre des astronautes de l’ESA pour préparer une version habité de la navette SOAR qui succéderait au système de lancement décrit précédemment. L’objectif à long terme est de permettre le voyage intercontinental à une vitesse de Mach 3. L’accord avec Thales concerne d’abord la mise au point de matériel de recherche en micro-gravité et en biologie. La mise en service de la navette destiné au lancements commerciaux reste la grande priorité et le premier vol est prévu pour 2018. Voici une autre vidéo (en français) prise au bourget. En tout cas, il est agréable de voir un tel projet ici, en Europe, et nous ne pouvons que souhaiter que celui-ci soit un succès.

La navette SOAR sur le dos d'un airbus A300.
La navette SOAR sur le dos d’un airbus A300.