Des nouvelles de SpaceX (et il s’en est passé des choses !)

Après pas mal de temps d’absence voici un article qui va vous faire un résumé de ce qui a été réalisé par la société SpaceX lors de l’année passée.

Résultat de recherche d'images pour "spaceX"

Pour rappel SpaceX c’est la société privée qui a bouleversé le milieu du spatial ces dernières années. Elle a réussi à réduire les prix d’accès à l’espace d’environ 30% par une stratégie de centralisation de toute la construction de ses engins spatiaux dans un même lieu, à Hawthorne en Californie. Chez SpaceX il rentre dans les usines des taules en métal, et il ressort des fusées ; la quasi totalité de l’apport de valeur est réalisé dans leurs locaux.

Son créateur Elon Musk est un peu la star de la Silicon Valley à l’heure actuelle. En effet du haut de ses 44 ans il a eu le temps de créer une multitudes d’entreprises de niveau mondial : Paypal, Tesla Motors, Solar City, et donc SpaceX. Il est également porteur du projet Hyperloop. Mais SpaceX est probablement l’entreprise qui a le plus de valeur à ses yeux, en effet Musk a un rêve fou, il veut être à la tête de l’entreprise qui permettra à l’Homme d’aller sur Mars, il veut que SpaceX devienne la future société de transport entre la Terre et Mars. Et pour cet objectif il met tous les moyens.

Depuis sa création en 2002, SpaceX n’a cessé de franchir les étapes pour devenir un acteur majeur du milieu du spatial. En 2006 son premier lanceur léger est construit : le Falcon 1, qui subira trois échec lors des premiers lancements. En 2008 pour son quatrième lancement le Falcon 1 va au bout de sa mission. En 2009 le premier satellite est mis en orbite.  En 2010 SpaceX lance son lanceur moyen le Falcon 9 avec un succès dès son premier lancement. La même année est mise en orbite pour la première fois de l’histoire une capsule spatiale réalisée entièrement par une société privée : la capsule Dragon. En 2011 cette capsule apporte pour la première fois du fret à la Station Spatiale Internationale (ISS). Depuis SpaceX a enchaîné les lancements que ce soit pour ravitailler l’ISS ou pour lancer des satellites pour des entreprises privées. Elle a dévoilé en 2014, comme nous vous en avions parlé dans notre dernier article, sa nouvelle version de sa capsule Dragon, le Dragon V2. Cette capsule doit pouvoir transporter des hommes dans l’espace et les faire ré-atterrir à l’aide de propulseurs, c’est juste exceptionnel.

Mais alors que s’est-il passé de nouveau en 2015 ? Et bien il s’est encore passé plein de chose et c’est ce qui est bien avec SpaceX, ils ne nous laissent pas nous ennuyer.

SpaceX cherche encore à réduire ses coûts d’accès à l’espace en réutilisant les différents étages de son lanceur comme expliqué ici. Cette année SpaceX a fait plusieurs tests afin de faire atterrir le premier étage de son Falcon 9 sur une barge au milieu de l’océan Pacifique. Tous les essais ont échoué mais le plus probant est sûrement celui décrit dans cette vidéo.

Cette autre vidéo d’un autre échec est également très impressionnante.

Vous me direz : « Mais ils n’y arrivent pas du tout ! ». En effet, mais faire atterrir une fusée venant de l’espace sur une barge de 50m sur 100m n’a rien de simple, c’est sûrement pour cela que cela n’a jamais été réalisé. Et ils ne sont vraiment pas loin de réussir après tout. Donc on ne peut qu’espérer que cela va marcher bientôt.

SpaceX a également dû prouver cette année qu’elle était capable de sécuriser le trajet des astronautes qui voyageront dans sa capsule Dragon V2. En cas de problème pendant le lancement un système d’urgence doit se déclencher et propulser les astronautes loin du danger afin de les faire revenir sur Terre sans encombres. Ce système a été validé cette année et ce test peut être visualisé sur la vidéo suivante.

Pour terminer, l’année ne s’est pas bien finie pour SpaceX qui a connu son premier échec sur un lancement de Falcon 9. Ce lanceur qui n’avait jamais fait défaut et qui a connu 18 lancements réussis d’affilés, a finalement explosé en vol lors de son 19ème lancement cette année.

Cependant malgré cet échec SpaceX, qui a été un peu ralentie, continue a avancer à toute vitesse et annonce pour l’année qui vient des événement hors du commun. Elle va dévoiler son nouveau lanceur lourd le Falcon Heavy lors du premier semestre 2016. Ce lanceur sera le plus puissant jamais construit par l’Homme a l’exception faite de la légendaire Saturne V qui a emmené des astronautes sur la lune.

SpaceX va également poursuivre ses tests de récupération du premier étage de sa fusée Falcon 9. Elle va continuer à ravitailler l’ISS et à envoyer des satellites dans l’espace. Elle va aller plus loin dans sa capacité à envoyer des hommes dans l’espace.  SpaceX est également à l’avant garde sur d’autres sujets que nous aborderons dans d’autres articles. Ils nous tiennent en haleine !! Donc si comme moi vous voulez savoir comment va évoluer cette société continuez à nous suivre pour avoir les dernières informations à leurs sujet. Et si vous avez des questions n’hésitez pas !

Un nouvel âge d’or pour le spatial ? (partie 4)

Les ingénieurs de l’ESA (parmi d’autres) doivent êtres aux anges ce soir. La sonde Rosetta vient en effet de donner signe de vie après un sommeil de presque 1000 jours qui lui a permis de se rapprocher de sa cible: la comète Churyumov-Gerasimenko. Cette mission de près d’un milliard d’euros et lancée en mars 2004 à bord d’une ariane 5 vise à mieux comprendre la composition du noyau de la comète grâce à la première mise en orbite d’une sonde autour d’un tel corps. Ces études sont nécessaires pour essayer de mieux comprendre comment s’est formé le système solaire. Mais Rosetta n’est pas seule dans son voyage: elle est accompagnée d’un petit atterrisseur, nommé « Philaé » (image ci-dessous), qui se posera sur le sol de la comète grâce, notamment, à des harpons et des petit propulseurs. Cette phase sera extrêmement délicate puisque la gravité ainsi que la composition de la comète rendent toute manœuvre difficile. L’atterrissage est prévu le 11 novembre 2014 et si celui-ci est un succès alors la mission Rosetta pourra sans aucun doute être considérée comme un des plus beaux exploits de la science spatiale européenne.

Vue d'artiste de Philaé posé sur la comète Churyumov-Gerasimenko
Vue d’artiste de Philaé posé sur la comète  Churyumov-Gerasimenko

La prochaine grande mission de l’ESA sera, en collaboration avec l’agence spatiale japonaise (JAXA), BepiColombo, à destination de Mercure. Parmi les objectifs de cette mission ne comprenant que des orbiteurs figure notamment l’explication de l’existence d’un fort champ magnétique autour de Mercure ou encore la détermination de la nature (liquide ou solide) du noyau de la planète. D’un point de vue technologique et plus particulièrement de la propulsion la sonde embarquera la solution prometteuse de l’électrique avec un propulseur à grilles, capable de fournir une faible poussée mais une forte Isp (vitesse d’éjection du gaz). Décollage en août 2015 et insertion en orbite mercurienne en janvier 2022. Ensuite ce sera au tour de la mission phare de la décennie pour l’agence spatiale européenne (en forte collaboration avec l’agence spatiale russe): Exomars. Cette dernière sera en faite en deux parties: une première mission en 2016 qui sera constituée d’une orbiteur et d’un atterrisseur. Ce dernier servira de répétition géante avant la grande mission de 2018 qui devrait voir pour la première fois de l’Histoire un rover européen fouler le sol martien (image ci-dessous). Bien que fourni en énergie grâce à des panneaux solaires (et donc possédant une durée de vie moins grande qu’un Curiosity et sa pile nucléaire), le petit engin aura la capacité particulièrement intéressante de forer le sol à la recherche, en autre, de possibles traces de vie sur la planète rouge. Après plusieurs problèmes de financement, notamment à cause de désistement de la NASA, Exomars semble aujourd’hui bel et bien sur les rails, pour notre plus grand plaisir.

Retrouvez-nous sur Facebook et Twitter.

Le rover de la mission Exomars.
Le rover de la mission Exomars.

La situation dans le monde de l’astronautique: La Russie

SoyouzPour ce post je parlerais de l’astronautique russe, héritière des formidables capacités issues de l’ère soviétique (premier satellite et premier homme dans l’espace). Malheureusement la situation n’est plus celle qu’elle était, le spatial russe est aujourd’hui en crise. En effet, malgré le fait que ce sont les russes qui envoient tous les astronautes vers l’ISS depuis le retrait de la navette américaine en 2011, ces dernières années ont vus survenir de nombreuse défaillances : le lanceur lourd de Roscosmos (l’agence spatiale russe), le Proton, a subit 6 échecs depuis 2007 dont 2 en 2012, un vaisseau ravitailleur progress a été perdu au lancement par une fusée soyouz en août 2011. Mais l’échec le plus marquant est certainement celui de la sonde phobos-grunt qui devait signer le retour de la russie sur le plan de l’exploration spatiale (la dernière mission de ce genre date de 1996). Cette (trop) ambitieuse mission à destination d’une des lunes de Mars s’est soldée par un retour dans l’océan pacifique en janvier 2012, moins de 3 mois après sa mise en orbite terrestre. La cause de cet échec serait due officiellement à une erreur de programmation. Il apparaît aujourd’hui que cette mission a été mal préparée et insuffisamment financée. Suite à cette déconvenue, le premier ministre russe Dmitri Medvedev a même menacé de punir lourdement les responsables.

Phobos-gruntCes incidents mettant en cause la fiabilité du spatial russe n’ont pas empêchés celui-ci de proposer de nouveaux projets visants à renouveler tout le domaine. Une nouvelle famille de lanceurs, nommée Angara, est en cours de conception et remplacera les vieux lanceurs Rockot, Kosmos-3M, Tsyklon et Proton. Ils pourront mettre en orbite des charges utiles comprises entre 2 et 40 tonnes. Une version légère issu de cette famille devrait être lancée en 2013.

Angara

Enfin, un descendent au vieux vaisseau soyouz est envisagé sous le nom de Prospective Piloted Transport System (PPTS). Il devrait pouvoir transporter jusqu’à 6 astronautes (soyouz en emporte 3) et serait possiblement utilisable pour des voyages lunaires voir martiens. Il pourrait être lancé soit par une fusée soyouz améliorée ou par une fusée Angara adaptée pour le vol habité. Sa date de mise en service est encore un mystère mais ne devrait pas se situer avant 2020.

PPTSJe parlerais dans un autre post des projets d’exploration spatiale (notamment vers la Lune) de la russie. Pour conclure, si les russes ne réforment pas leur industrie spatiale profondément, la crise pourrait s’aggraver et la perte de savoir-faire pourrait s’avérer catastrophique pour un secteur aussi stratégique.

La situation dans le monde de l’astronautique: La Chine

ImagePour ce 3ème post sur la situation de l’astronautique dans le monde, je m’intéresse naturellement à la grande puissance spatiale qu’est en train de devenir la Chine. En effet, les chinois développent depuis le début des années 90 un programme habité à travers le programme shenzhou. La capsule, portant le même nom que le programme, est conçue pour accueillir 3 taikonautes (le nom pour les astronautes chinois) et a effectuée son premier vol habité le 15 octobre 2003, faisant de la Chine le 3ème pays capable d’envoyer des hommes dans l’espace par ses propres moyens (l’URSS a envoyée Youri Gagarine le 12 avril 1961 et les Etats-Unis ont envoyés Alan Shepard le 5 mai 1961). Lors de ce premier vol, il y avait un seul taikonaute : Yang Liwei. Depuis il y a eu 4 autres missions shenzhou qui ont amenées 8 taikonautes au total dont une femme, la premières chinoise à aller dans l’espace.

ImageA l’heure actuelle, l’objectif principale en matière de vol habité pour les chinois est la construction de leur propre station spatiale d’ici à 2020. Ne faisant pas parti du programme station spatiale internationale, cela leur permettrait d’acquérir l’ensemble des technologies nécessaires à la réalisation d’une telle station par leur propres moyens. Un module test de cette station est d’ailleur en ce moment même en orbite depuis le 29 septembre 2011 (le module Tiangong 1, en photos ci-dessous).

ImageLe prochain vol shenzhou devrait avoir lieu en juin 2013 et verra ce dernier effectuer un rendez-vous en orbite avec Tiangong 1. Trois taikonautes, dont une femme, devraient faire parti de l’équipage. Les chinois envisagent aussi de réaliser des missions lunaires habitées à l’horizon 2025 bien que leur plan à ce niveau soit encore flou. Dans tout les cas, la Lune fait déja parti des objectifs du spatial chinois dans le domaine des sondes robotisées avec le très ambitieux programme Chang’e qui devrait voir un rover se poser sur sa surface cette année. Nous reparlerons dans un prochain post de ce programme.

Image

La situation dans le monde de l’astronautique: les USA – partie 2

ImagePour cette deuxième partie, je vais parler des projets de la NASA dans le domaine du spatial habité. En plus des programmes menés en association avec le privé, l’agence spatiale américaine met au point ses propres systèmes de transport d’astronautes avec l’objectif clair d’aller plus loin que l’orbite terrestre. Après l’abandon du programme Constellation lancé par le président George W. Bush en janvier 2004 et abandonné par le président Obama en octobre 2010, la Lune ne fait plus partie des priorités de la NASA. On parle maintenant de Mars mais aussi et surtout d’une mission habitée vers un astéroide, aux alentours de 2025. Cette mission, plus facile à mettre en place que celle sur la planète rouge, permettrait en quelque sorte de s’entraîner en vue d’une expédition sur cette dernière pour la décennie 2030/2040. Le plan consiste en la construction d’un lanceur lourd, le Space Launch System (SLS), et d’une capsule, l’« Orion » Multi-Purpose Crew Vehicle (MPCV) qui est représentée sur l’image en haut de ce post.

Image

Le SLS (photo ci-dessus, avec la capsule Orion à son sommet), dont le premier vol est prévu pour décembre 2017, est le digne successeur de la fusée Saturn V du programme lunaire Apollo. En effet, ce nouveau lanceur en cours de conception, sera capable, selon les versions, de mettre en orbite une charge allant de 70 tonnes à 129 tonnes. Sa fonction première sera de transporter la capsule Orion.

Cette capsule, de type Apollo, pourra emmener jusqu’à 4 astronautes. Une première version non habitée sera envoyée dans l’espace début 2014 par un lanceur Delta IV Heavy. Cette mission permettra de valider le design, le bouclier thermique et les systèmes électroniques de la capsule. Le deuxième vol d’Orion se fera lors de la mission de  décembre 2017, aux côtés du SLS et au cours de laquelle le vaisseau, encore inhabité, effectuera un vol circumlunaire (vol autour de la Lune sans se poser). La troisième mission d’Orion sera aussi la première habitée avec un vol à destination de l’orbite lunaire, pour 4 astronautes, entre 2019 et 2021. Bien évidemment ce programme est susceptible de changer au cours des prochaines années voir des prochains mois, une mission vers un astéroide étant de plus en plus mise en avant.

Image

La situation dans le monde de l’astronautique: les USA – partie 1

SLSPour ce premier post, j’ai pensé qu’il serait intéressant de faire le point sur la conquête et l’exploration spatiale. Et quoi de plus logique que de commencer par le cas des Etats-Unis, le pays des grands projets du secteur. A l’heure actuelle, il faut savoir que les américains n’ont plus les capacités pour envoyer des hommes dans l’espace par leurs propres moyens depuis l’arrêt des navettes spatiales en juillet 2011. Ce sont donc les russes, grâce à leur vaisseau soyouz, qui envoient les astronautes américains (ainsi que les canadiens, les européens et les japonais). Dans l’histoire de la conquête spatiale, c’est une première et cette situation est de plus en plus critiquée outre-atlantique par le fait qu’elle remet en cause l’indépendance du pays dans ce domaine. Pour remedier à cette situation, l’administration Obama à mis en place une série d’objectifs à accomplir, aussi bien par la NASA que par l’industrie privée. Et c’est surtout cette dernière qui attire tout les regards en ce moment.

Il existe aujourd’hui deux programmes qui impliquent des entreprises privées: le Commercial Crew Development (CCDeV) et le Commercial Orbital Transportation Services (COTS). Le premier en est à sa 3ème phase et comporte 3 projets:

-Boeing avec son CST-100, pour 7 astronautes et lancée par une fusée Atlas V:

Image

-SpaceX avec sa capsule Dragon, pour 7 astronautes et lancée par la fusée Falcon 9:

Image

-Sierra Nevada Corporation avec son Dream Chaser, pour 7 astronautes et lancé par une Atlas V:

ImageLes mises en services de ces vaisseaux sont prévues pour 2015/2016.

En parallèle de ces projets de spatial habité la NASA à crée le programme COTS qui vise à faire assurer le ravitaillement de la station spatiale internationale (ISS) par des entreprises privées (2 ici). On retrouve la société de l’entrepreneur Elon Musk, spaceX, avec une version cargo de sa capsule Dragon. Celle-ci à déja rejoint l’ISS par deux fois dont une faisait partie du contrat final comprenant 12 missions pour une valeur totale de 1.6 Mds de dollards. L’autre entreprise, Orbital Sciences Corporation, devrait très prochainement (d’ici avril 2013) envoyer sa première capsule cargo Cygnus vers l’ISS pour entamer son contrat avec la NASA d’une valeur de 1.9 Mds de dollards, comprenant 8 missions. Le cargo Cygnus sera envoyé dans l’espace par une fusée Antares, construite aussi par Orbital.

ImagePour la partie 2 de ce post, je parlerais des projets de la NASA elle-même, au travers notamment de ses programmes SLS (première photo de ce post) et Orion.