L’ère du réutilisable dans le spatial (partie 2)

Publié: février 7, 2016 par futurscience dans Uncategorized
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La version cargo de la navette Dream Chaser.

Dans la première partie de ce dossier consacré à l’avènement du réutilisable dans le domaine spatial nous avons vu les différents projets concernant la récupération du lanceur (ou tout du moins d’une partie de celui-ci), que ce soit du côté de SpaceX, de Blue Origin ou encore des acteurs plus traditionnels du secteur (Boeing, Airbus…) mais il est évident que si la démocratisation du spatial doit se faire, cela passera aussi par la réutilisation des véhicules destinés à transporter à la fois du matériel et des astronautes. Il existe deux grandes familles de véhicules spatiaux:  les capsules et les navettes. Les débuts de l’astronautique sont marqués par la domination des premières avec les programmes Mercury, Gemini et bien sûr Apollo côté US et les programmes Vostok, Voskhod et Soyouz en URSS. Après les succès des alunissages américains, les ambitions se sont portées sur un accès plus facile et surtout moins cher à l’espace et les ingénieurs se sont alors penchés sur le concept des navettes spatiales: l’idée de base consistait à ajouter un bouclier thermique sur un engin profilé pour le vol atmosphérique, conjecturant une simplification globale du lancement, de l’entretien et de la conception d’un tel véhicule. Malheureusement les navettes américaines se sont vite révélées être complexes, chères et finalement assez peu réutilisable avec des coûts de remise en service après chaque vol exorbitants. Le programme s’est donc arrêté en 2011 et depuis lors on assiste à un retour massif des capsules, avec cette fois-ci l’ambition de les réutiliser, toujours dans l’optique d’abaisser les coûts.

À la tête de ce mouvement, on retrouve SpaceX avec sa capsule Dragon V2 qui prévoit d’emmener jusqu’à sept astronautes en orbite terrestre (pour desservir l’ISS). La vidéo ci-dessus dévoile une des particularités de ce vaisseau qui est de pouvoir se servir de ses 8 propulseurs « super-draco » pour réaliser un atterrissage contrôlé sans parachutes. Ici il s’agît d’un premier test permettant de vérifier le bon comportement de ces propulseurs pour stabiliser le véhicule. Le premier vol de Dragon V2 est prévu pour décembre 2016 et le premier vol avec astronautes pour avril 2017.

Dans le cadre du contrat CRS-2 de la NASA qui sous-traite la livraison de matériels et vivres vers l’ISS à des entreprises privées, en plus de Dragon, on trouve un autre véhicule réutilisable: le Dream Chaser, version cargo (photo en haut de l’article et vidéo ci-dessus). Développé par Sierra Nevada corporation, il a la particularité de remettre au goût du jour le concept de navette spatiale. Ici il s’agît d’un concept issu des travaux menés sur le HL-20 de la NASA dans les années 90. Il présente plusieurs avantages sur les capsules: capacité d’emport plus importante, retour dans l’atmosphère plus soft (intéressant pour des retours d’expériences fragiles et sensibles) et enfin la capacité d’attérir sur une piste conventionnelle. Reste à démontrer une réutilisabilté plus simple que celle des navettes américaines. Premier vol dans l’espace prévu en novembre prochain.

On peut aussi mentionner la capsule de Boeing CST-100 Starliner (vidéo ci-dessus) qui devrait aussi être réutilisée jusqu’à une dizaine de fois. Elle est prévue pour transporter sept astronautes vers l’ISS et sera lancée par la fusée Atlas V (tout comme le Dream Chaser). Son premier vol habité est prévu pour décembre 2017. Enfin Il y a aussi le projet de capsule de Blue Origin, la société de Jeff Bezos (maquette en photo ci-dessous). Elle n’a pas encore de nom mais devrait entrer en service d’ici 2020, en même temps que le premier lanceur orbital de l’entreprise. L’objectif est ici aussi de transporter des passager jusqu’à l’orbite basse. Plus classique que la Dragon V2 de SpaceX (pas d’atterrissage propulsé), elle devrait tout de même être largement réutilisable.

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Maquette en soufflerie de la capsule de Blue Origin.

 

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Airbus Safran Launchers présente l’architecture finale du futur lanceur européen à quatre ans de son premier vol

Créée en janvier 2015, la société Airbus Safran Launchers est le maître d’œuvre des lanceurs européens Ariane 5 (qui vient d’effectuer son 70e lancement réussi d’affilée) et Ariane 6 (en cours de développement dans le cadre du contrat signé avec l’Agence spatiale européenne le 12 août 2015).

Modulaire, la future Ariane 6 sera adaptée à la plupart des satellites commerciaux et institutionnels. Standardisée et reprenant un certain nombre d’éléments existants, elle doit permettre une réduction des coûts de lancement de l’ordre de 40 à 50%. Son premier vol est programmé pour 2020 et son utilisation pleinement opérationnelle pour 2023.

En un an à peine, l’organisation industrielle et le design d’Ariane 6 ont été finalisés. Airbus Safran Launchers vient de diffuser une vidéo présentant le lanceur dans sa forme définitive.

Nous vous en avions parlé dans l’article « Les futurs lanceurs spatiaux européens : Ariane 5 ME et Ariane 6« . L’Europe cherche à rester leader du lancement de satellites commerciaux, elle cherche pour cela à rester compétitive en terme de prix par rapport à l’américain SpaceX ou par rapport aux Russes. Espérons qu’elle y parvienne.

Le booster du New Shepard après son retour sur Terre le 23 novembre 2015.

Le booster du New Shepard après son retour sur Terre le 23 novembre 2015.

Après les événements récents dans le domaine des lanceurs réutilisables, il nous a semblé intéressant d’établir un petit état des lieux des réalisations et des projets dans ce domaine potentiellement révolutionnaire pour l’exploration spatiale. Il y a actuellement deux sociétés qui sont au coude à coude pour maîtriser les premiers la réutilisation, à l’échelle industrielle, de véhicules spatiaux. Nous avons déjà discuté du cas SpaceX (ici) qui est certainement la plus avancée puisqu’elle a réussie un retour sur Terre d’un premier étage de lanceur orbital Falcon 9 lors d’une mission commerciale. L’autre entreprise question c’est Blue Origin, fondée par Jeff Bezos, le patron d’Amazon. À la différence de SpaceX, le véhicule New Shepard est un engin destiné au suborbital avec l’objectif d’envoyer jusqu’à 6 « touristes » à 100 km d’altitude pour quelques minutes d’apesanteur. Les performances requises en terme d’énergie sont donc nettement moins élevées dans ce cas mais les technologies développées pour récupérer et relancer ce lanceur seraient complètement adaptables, selon Bezos, au futur lanceur suborbital de Blue Origin (pour le moment surnommé Very Big Brother). Le premier vol du New Shepard a eu lieu le 29 avril 2015 mais malgré un lancement parfait de la capsule (inhabité pour ces tests), le retour sur Terre du booster a échoué à cause d’un problème de pression dans le système hydraulique de l’engin et celui-ci s’est écrasé au sol. Le deuxième vol (vidéo ci-dessous) a eu lieu le 23 novembre 2015 et ce coup-ci tout s’est bien déroulé, réalisant une première historique: ramener sur Terre un engin à décollage et atterrissage vertical ayant franchi la symbolique ligne de Kármán à 100 km d’altitude (la limite entre la Terre et l’espace selon la définition de la fédération aéronautique internationale).

Presque un mois plus tard, le 21 décembre 2015, SpaceX réalisait son vol historique et après une petite joute verbale via tweets interposés la balle était remise au centre. Malgré les nombreuses discussions de fans et des médias quand à la valeur de chacun de ces deux exploits, le consensus était fait que l’astronautique venait certainement d’entrer dans une nouvelles ère, celle du réutilisable. Mais en vérité, jusqu’au 22 janvier 2016, aucun des deux belligérants n’avait fait revoler son booster récupéré et donc tout restait à prouver concernant la capacité du matériel à reconduire une mission identique à la première. Et c’est Blue Origin qui a frappé, encore une fois, la première. Ce 22 janvier elle a relancée (vidéo ci-dessous), à quelques changements (mineurs) près, le booster ET la capsule du col du 23 novembre. C’est une réussite totale et certainement le début d’un long et passionnant programme de test pour consolider et valider la conception du New Shepard en vu d’emmener des passagers d’ici deux ans. Les tarifs ne sont pas encore dévoilés mais si ils arrivent à réutiliser leur véhicule un grande nombre de fois, on peu espérer que les prix seront raisonnables (moins que les 250 000 dollars demandés par Virgin Galactic pour voler sur son SpaceShipTwo ?)

Au-delà de ces deux entreprises, les autres acteurs du spatial se sentent obligé de réagir et chacun commencer à dévoiler des concepts pour entrer aussi dans le jeux et ne pas se laisser distancer trop vite. Il y a bien évidemment les européens, actuellement leader du marché des lancements avec Arianespace et ses trois lanceurs (Ariane 5, Soyouz et Vega). Le CNES et l’Onera ont annoncés qu’ils collaboraient sur le sujet, les allemands de la DLR (agence spatiale allemande) sont aussi en train de réfléchir sur le sujet avec les français mais pour le moment c’est Airbus qui a dévoilé son concept Adeline (vidéo ci-dessous). Considérant que la partie la plus chère d’un lanceur est le moteur et les systèmes d’avionique, ils proposent de faire revenir ceux-ci sur Terre à la manière d’un drone qui se détacherait après la première phase du lancement. Le géant européen a annoncé avoir déjà testé à échelle réduite cette technologie qui, si la décision était prise, pourrait être adapté à la future Ariane 6 dont nous reparlerons bientôt.

Enfin, il y a aussi le concept d’United Launch Alliance (ULA) qui lui aussi vise la récupération des moteurs et de l’avionique de son futur lanceur Vulcan. La méthode (vidéo ci-dessous) ici semble encore plus osée puisque l’idée est de récupérer cette partie lors de sa descente sous parachute grâce à un hélicoptère qui viendrait l’attraper via un crochet. On voit bien que les réussites de SpaceX et Blue Origin font bouger les choses et on peu imaginer que les russes, les chinois, les indiens… ne tarderont pas à réagir en annonçant des projets similaires. Malgré cela, il reste encore à démontrer la viabilité de la réutilisabilité car celle-ci pose des challenges, notamment par le fait que le volume de production des chaines d’assemblage va baisser, entrainant une diminution des économies d’échelle. Nous discuterons dans une seconde partie la réutilisabilité des engins à voilure et nous verrons que, malgré l’échec relatif de la navette spatiale américaine, ils n’ont pas dit leur dernier mot…

 

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Je ne pouvais pas ne pas faire un post sur l’événement historique qui a eu lieu le 21 décembre 2015 : l’atterrissage réussi par SpaceX du premier étage de leur lanceur Falcon9.

SpaceX travaille depuis des années à réutiliser ses fusées et a essayé avant cela à plusieurs reprises de faire atterrir son premier étage sur une barge dans l’océan comme expliqué dans l’article « Des nouvelles de SpaceX (et il s’en est passé des choses!)« . Mais jusqu’à présent cela avait été sans succès. En effet faire atterrir une fusée sur une barge est particulièrement compliqué compte tenu de la petite taille de la cible à atteindre, de la vitesse de la fusée à l’entrée de l’atmosphère plus élevée, et de la gigue de la barge. Finalement le premier essai d’atterrissage sur le sol terrestre du complexe de lancement de Cap Canaveral en Floride aura été le bon. La vidéo est vraiment impressionnante : s’imaginer que l’objet qui descend dans la nuit vient de l’espace est quelque chose d’assez extraordinaire, on se croirait dans un film de science fiction.

L’ère des fusées réutilisables a commencé, laissant présager d’un avenir radieux où le prix de l’accès à l’espace sera grandement réduit.

A ce sujet une autre société Blue Origin créée par Jeff Bezos le fondateur d’Amazon, a également réussi à faire atterrir un lanceur juste avant SpaceX. Ce lanceur à destination du tourisme spatial n’envoie cependant pas d’objet en orbite(Voir l’article « Blue Origin: la startup du fondateur d’Amazon« ). Cela a donc suscité un grand débat sur internet pour savoir qui avait vraiment fait l’histoire. Pour ma part je penche plutôt du côté de SpaceX car je pense que l’objectif prioritaire d’une fusée est d’envoyer des objets en orbite. Mais tout cela est très subjectif. Les performances de Blue Origin seront discutée lors d’un prochain post.

Après cette grande réussite, SpaceX a réalisé un essai statique du premier étage récupéré et ils ont annoncé que les moteurs étaient encore un état et pouvaient éventuellement resservir. Ils ont cependant décidé de ne pas faire repartir ce premier étage et souhaite plutôt le placer comme pièce de musée dans les locaux de SpaceX.

Un dernier essai d’atterrissage sur barge dans l’océan a été réalisé lors du dernier lancement de SpaceX. Cet essai sur barge n’a pas fonctionné mais a probablement été le plus proche de réussir. On le voit dans la vidéo instagram suivante, l’atterrissage est bien contrôlé mais un des pieds de l’atterrisseur n’a pas tenu. On n’est plus très loin !

SpaceX a finalement réussi à faire atterrir son premier étage de fusée Falcon9. C’est un exploit. Il reste désormais à ce que cela marche à tous les coup.

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Fan Hui, meilleur joueur de go européen, s’est fait laminer par une intelligence artificielle développée par Google. Il y a peu, une telle victoire était encore impensable. Ce qui a fait la différence: le « deep learning ».

C’est un jour à marquer d’une pierre blanche dans le domaine de l’intelligence artificielle. Une pierre de go. Pour la première fois, un joueur professionnel a été battu par une machine, un programme développé par Google et baptisé DeepMind, sans handicap et en conditions réelles. Jusqu’à présent, le jeu de go était le seul jeu de réflexion à deux joueurs qui résistait encore aux ordinateurs. Il y a un an et demi, une telle prouesse semblait hors de portée, comme nous l’expliquait un spécialiste, qui n’en revient pas. « La machine a battu un joueur professionnel sur le score de 5 à 0 dans des parties jouées à égalité sur des damiers 19×19. C’est incroyable », s’exclame Bruno Bouzy, chercheur en intelligence artificielle et spécialiste de la programmation des jeux de réflexion.

Le duel a eu lieu en octobre 2015, et les auteurs du programme ont publié ce jeudi un article scientifique dans la revue Nature pour expliquer leur méthode.

« La différence, ce sont les progrès du deep learning »

Que s’est-il passé, en si peu de temps, pour que le logiciel dépasse ainsi le cerveau humain? Cela tient en deux mots : deep learning. « Apprentissage profond », en Français: un outil d’intelligence artificielle récent qui fonctionne sur le modèle des réseaux de neurones, comme dans un cerveau. Le « raisonnement » est donc non linéaire, les problèmes sont décomposés, et surtout, le programme devient capable d’apprendre seul. Plus besoin de tout lui montrer. Disons que les concepteurs d’un tel algorithme lui apprennent à apprendre.

« La différence, ce sont les progrès réalisés en termes de traitement d’image, grâce au deep learning, explique Bruno Bouzy à L’Express. Cette approche sert à la reconnaissance d’images et à l’interprétation de données visuelles. Sachant que le go est très visuel, cela permet d’imiter les coups des professionnels. »

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Les deux premières parties jouées et perdues par Fan Hui contre AlphaGo en octobre 2015. Nature 16961

Yann LeCun, l’un des plus éminents chercheurs en la matière et directeur du laboratoire d’intelligence artificielle de Facebook à Paris, explique au Monde ce qu’est le deep learning: « Avant, il fallait expliquer à l’outil comment transformer une image afin de la classifier. Avec le deep learning, la machine apprend à le faire elle-même. Et elle le fait beaucoup mieux que les ingénieurs, c’est presque humiliant. » « Avec les méthodes traditionnelles, la machine se contente de comparer les pixels. Le deep learning permet un apprentissage sur des caractéristiques plus abstraites que des valeurs de pixels, qu’elle va elle-même construire », précise au quotidien Yann Ollivier, chercheur en IA au CNRS.

« Il joue comme un humain »

La force d’AlphaGo, l’algorithme qui a battu le joueur pro Fan Hui, est aussi d’avoir combiné plusieurs outils d’intelligence artificielle. Deep learning, mais aussi apprentissage par imitation en recopiant des coups humains, jeu contre lui-même, et « méthode de la fouille d’arbre Monte Carlo », utilisée depuis quelques années pour augmenter l’efficacité des calculs en diminuant le nombre de simulations nécessaires pour évaluer quel est le meilleur coup à jouer. D’autres programmes, uniquement fondés sur le deep learning, ont battu des amateurs de très bon niveau, mais pas des professionnels.

Fan Hui lui-même, 2ème Dan pro, considéré comme le meilleur joueur européen, a été extrêmement surpris par la qualité de jeu d’AlphaGo. « Je n’ai pas du tout eu l’impression de jouer contre un ordinateur. Il joue comme un humain. D’habitude, on voit qu’on joue contre un ordinateur, car il fait des coups bizarres. Avec AlphaGo, il n’y avait pas de coups de ce genre, que des coups normaux. C’est incroyable. Il m’a mis beaucoup de pression », confie-t-il au Monde.

En parties rapides, étonnamment, Fan Hui a perdu avec un écart plus faible, 3-2. Ce qui est contre-intuitif, la machine étant censée calculer plus rapidement que le cerveau. Contre-intuitif, peut-être, mais justement lié à l’intuition. « Le joueur humain est capable, intuitivement, de jouer un coup assez bon très rapidement, puis il affine. La machine est plus linéaire pour trouver le meilleur coup. » Si bien que la minute supplémentaire profite exponentiellement à la machine, par rapport à l’homme.

AlphaGo contre le meilleur joueur mondial en mars

Malgré son succès, DeepMind ne s’est pas encore hissé au niveau de Deep Blue, l’ordinateur d’IBM qui a battu le champion du monde d’échecs Garry Kasparov en 1997. Fan Hui n’est pas le meilleur joueur mondial. La rencontre au sommet est programmée en mars, entre AlphaGo et le Sud-Coréen Lee Sedol. Difficile de pronostiquer l’issue de l’affrontement.

« AlphaGo a gagné 5-0, donc on peut considérer qu’il est à une ou deux pierres d’écart avec Fan Hui », explique Bruno Bouzy (nombre de pierres de handicap pour une partie équilibrée entre les deux). Or, il y a environ deux pierres d’écart entre Fan Hui et Lee Sedol. Moi, je vois bien la machine gagner. C’est juste une affaire de temps. Si ce n’est pas cette année, ce sera l’année prochaine ».

Par Raphaële Karayan, sur lexpress.fr

The Drone Racing League

Publié: janvier 27, 2016 par clemsen12 dans Robotique

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Vous n’avez encore probablement jamais entendu parler de la DFL, la Drone Racing League. En effet cela a à peine un an d’existence. Et pourtant ce projet va faire beaucoup de bruit dans les temps qui viennent. La DFL, c’est la première entreprise organisatrice de courses de drones au monde. Cette startup fondée par Nick Horbaczewski vient juste de récolter un million de dollars d’investissement de la part du propriétaire des Dolphins de Miami, Stephen Ross.

Lors de l’année 2016, six courses de drones sont prévues dans des lieux vraiment atypiques transformés spécialement pour ces événements. Une première course avait déjà eu lieu en 2015 pour préparer la saison 2016, et cela se passait dans une centrale abandonnée sur les bords de la rivière Hudson. Vous pouvez voir la vidéo bien montée de cette course, la première du genre. C’est vraiment intéressant.

Ce sont les organisateurs de la course qui fournissent les drones aux pilotes. Ces derniers dirigent leurs appareils à l’aide de télécommandes et ils on un casque qui leur permet de vivre le pilotage à la première personne ; ils voient à travers la caméra du drone.

Un nouveau sport est né : la course de drone. Peut-être que dans dix an nous regarderons des courses de drone à la télévision.

Pour plus d’informations visitez leur site de la DFL, vous y trouverez beaucoup d’informations.

 

 

Robot mule LS3 de Boston Dynamics

La mule robot développée par Boston Dynamics, spécialiste en robotique militaire détenu par Alphabet (Google), est trop bruyante selon les Marines. Trois ans après la première sortie du LS3 en 2012, le projet de l’Armée Américaine est retiré.

A l’origine, ce robot mule autonome développé conjointement avec la DARPA, la division de recherche du Pentagone, était conçu pour transporter le matériel des troupes sur de longues distances afin qu’ils se fatiguent moins. Pouvant transporter jusqu’à près de 200 kg, le robot surnommé ou AlphaDog, était capable de suivre un soldat à travers des terrains accidentés (montagne, forêt, jungle), impraticables pour un véhicule ordinaire.

Kyle Olson, un porte-parole des Marines, a déclaré au site Military.com que le bruit du moteur à essence du Legged Squad Support System (LS3) était nuisible tactiquement. “Alors que les Marines étaient en train de s’en servir, un des défis était de voir les potentielles possibilités en fonction des limites du robot“, explique Olson. “C’est comme ça : c’est un robot bruyant qui révélerait leur position“.

C’est évidemment un coup dur pour Boston Dynamics, ancienne spin-off du Massachussetts Institute of Technology (MIT), qui a développé ces dernières années d’autres types de robots, dont des quadrupèdes comme Spot (robot qui tirait le traîneau du Père Noel dans une vidéo postée par Boston Dynamics la semaine dernière), des bipèdes comme PETMAN ou ATLAS, ou des robots à roues comme SandFlea. Tous les regards se tournent désormais vers Spot, un robot plus léger que la mule LS3, plus maniable mais plus petit. A la différence de son grand frère, Spot est équipé d’un moteur électrique silencieux. Résultat : il est plus discret mais transporte moins de charge, jusqu’à 18 kg, ce qui ne fait pas non plus de lui, l’assistant idéal aux yeux des Marines.

Au delà de l’aspect bruyant ou de la capacité d’emport des robots militaires, une des questions en suspens est leur réparation en cas de problème lors d’une mission sur le terrain. Faudra-t-il le laisser sur place, risquer des vies humaines pour essayer de le récupérer … ? Il est certain que les Marines ont beaucoup appris aux côtés du LS3 au cours de leurs sorties en extérieur et que les technologies développées par Boston Dynamics seront réutilisées dans des applications futures.

Robot quadrupède BigDog de la DARPA

Depuis le démarrage du projet en 2010, la DARPA aura financé le développement des robots LS3 et Spot à hauteur de 32 millions de dollars, puis une rallonge de 10 millions de dollars pour soutenir les essais en extérieur par le Corps des Marines.

Ecrit par Newsroom le 30/12/2015 sur humanoides.fr


 

Après pas mal de temps d’absence voici un article qui va vous faire un résumé de ce qui a été réalisé par la société SpaceX lors de l’année passée.

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Pour rappel SpaceX c’est la société privée qui a bouleversé le milieu du spatial ces dernières années. Elle a réussi à réduire les prix d’accès à l’espace d’environ 30% par une stratégie de centralisation de toute la construction de ses engins spatiaux dans un même lieu, à Hawthorne en Californie. Chez SpaceX il rentre dans les usines des taules en métal, et il ressort des fusées ; la quasi totalité de l’apport de valeur est réalisé dans leurs locaux.

Son créateur Elon Musk est un peu la star de la Silicon Valley à l’heure actuelle. En effet du haut de ses 44 ans il a eu le temps de créer une multitudes d’entreprises de niveau mondial : Paypal, Tesla Motors, Solar City, et donc SpaceX. Il est également porteur du projet Hyperloop. Mais SpaceX est probablement l’entreprise qui a le plus de valeur à ses yeux, en effet Musk a un rêve fou, il veut être à la tête de l’entreprise qui permettra à l’Homme d’aller sur Mars, il veut que SpaceX devienne la future société de transport entre la Terre et Mars. Et pour cet objectif il met tous les moyens.

Depuis sa création en 2002, SpaceX n’a cessé de franchir les étapes pour devenir un acteur majeur du milieu du spatial. En 2006 son premier lanceur léger est construit : le Falcon 1, qui subira trois échec lors des premiers lancements. En 2008 pour son quatrième lancement le Falcon 1 va au bout de sa mission. En 2009 le premier satellite est mis en orbite.  En 2010 SpaceX lance son lanceur moyen le Falcon 9 avec un succès dès son premier lancement. La même année est mise en orbite pour la première fois de l’histoire une capsule spatiale réalisée entièrement par une société privée : la capsule Dragon. En 2011 cette capsule apporte pour la première fois du fret à la Station Spatiale Internationale (ISS). Depuis SpaceX a enchaîné les lancements que ce soit pour ravitailler l’ISS ou pour lancer des satellites pour des entreprises privées. Elle a dévoilé en 2014, comme nous vous en avions parlé dans notre dernier article, sa nouvelle version de sa capsule Dragon, le Dragon V2. Cette capsule doit pouvoir transporter des hommes dans l’espace et les faire ré-atterrir à l’aide de propulseurs, c’est juste exceptionnel.

Mais alors que s’est-il passé de nouveau en 2015 ? Et bien il s’est encore passé plein de chose et c’est ce qui est bien avec SpaceX, ils ne nous laissent pas nous ennuyer.

SpaceX cherche encore à réduire ses coûts d’accès à l’espace en réutilisant les différents étages de son lanceur comme expliqué ici. Cette année SpaceX a fait plusieurs tests afin de faire atterrir le premier étage de son Falcon 9 sur une barge au milieu de l’océan Pacifique. Tous les essais ont échoué mais le plus probant est sûrement celui décrit dans cette vidéo.

Cette autre vidéo d’un autre échec est également très impressionnante.

Vous me direz : « Mais ils n’y arrivent pas du tout ! ». En effet, mais faire atterrir une fusée venant de l’espace sur une barge de 50m sur 100m n’a rien de simple, c’est sûrement pour cela que cela n’a jamais été réalisé. Et ils ne sont vraiment pas loin de réussir après tout. Donc on ne peut qu’espérer que cela va marcher bientôt.

SpaceX a également dû prouver cette année qu’elle était capable de sécuriser le trajet des astronautes qui voyageront dans sa capsule Dragon V2. En cas de problème pendant le lancement un système d’urgence doit se déclencher et propulser les astronautes loin du danger afin de les faire revenir sur Terre sans encombres. Ce système a été validé cette année et ce test peut être visualisé sur la vidéo suivante.

Pour terminer, l’année ne s’est pas bien finie pour SpaceX qui a connu son premier échec sur un lancement de Falcon 9. Ce lanceur qui n’avait jamais fait défaut et qui a connu 18 lancements réussis d’affilés, a finalement explosé en vol lors de son 19ème lancement cette année.

Cependant malgré cet échec SpaceX, qui a été un peu ralentie, continue a avancer à toute vitesse et annonce pour l’année qui vient des événement hors du commun. Elle va dévoiler son nouveau lanceur lourd le Falcon Heavy lors du premier semestre 2016. Ce lanceur sera le plus puissant jamais construit par l’Homme a l’exception faite de la légendaire Saturne V qui a emmené des astronautes sur la lune.

SpaceX va également poursuivre ses tests de récupération du premier étage de sa fusée Falcon 9. Elle va continuer à ravitailler l’ISS et à envoyer des satellites dans l’espace. Elle va aller plus loin dans sa capacité à envoyer des hommes dans l’espace.  SpaceX est également à l’avant garde sur d’autres sujets que nous aborderons dans d’autres articles. Ils nous tiennent en haleine !! Donc si comme moi vous voulez savoir comment va évoluer cette société continuez à nous suivre pour avoir les dernières informations à leurs sujet. Et si vous avez des questions n’hésitez pas !