Quoi de nouveau en robotique ? (Partie 2)

Pour continuer le petit récapitulatif sur l’actualité robotique commencé dans l’article précédent, nous allons aborder quelques nouveautés importantes qui risquent de changer énormément de choses pour le futur de la discipline. Mais avant, j’aimerai finir sur le Darpa Robotics Challenge et discuter rapidement des points négatifs et des échecs. Car oui, bien que l’on puisse considérer que l’épreuve de Miami fût un grand succès il faut néanmoins noter qu’elle nous a permis de voir l’état réel de la robotique en 2013. Et le moins que l’on puisse dire c’est que nous sommes encore loin des robots du film Terminator ou encore d’I, Robot. En effet, quasiment tout les robots (bien que S-One s’en sorte mieux) sont encore très lents et ne possèdent que très peu d’autonomie (les machines étaient contrôlées en partie par des opérateurs à distance, avec une communication perturbée volontairement par les organisateurs de la DARPA comme ce pourrait être le cas en mission de secours). Il fallait quasiment 30 min pour que chaque robot puisse terminer une épreuve et pour certains ce temps était encore loin d’être suffisant. Un des objectifs principaux pour l’épreuve de décembre prochain concernera donc l’autonomie et la rapidité des robots, sachant que cette fois-ci, les 8 tâches seront réunies en un seul et même parcours. Il y a donc encore énormément de travail à réaliser pour les équipes du DRC. Pour finir et pour illustrer les difficultés de ce concours, on peut évoquer le cas du robot Valkyrie (photo ci-dessous et vidéo ici) du centre spatial Johnson de la NASA. C’est certainement le plus soigné d’un point de vue esthétique et design et ses concepteurs n’ont rien de débutants (ils sont à l’origine des célèbres robonaut dont une version est actuellement à bord de l’ISS) mais cela n’a pas empêché l’équipe d’obtenir le score catastrophique de 0 points. C’est la grosse déception de l’étape en Floride. Néanmoins, l’année prochaine devrait être une toute autre histoire et Valkyrie pourrait très bien prendre sa revanche, les ingénieurs de la NASA n’ayant eu que très peu de temps pour le programmer.

Le robot Valkyrie de la NASA.
Le robot Valkyrie de la NASA.

En dehors du DRC, je suis obligé de mentionner trois autres nouvelles importantes. D’abord, comme vous pouvez le voir dans la vidéo au début de l’article, Amazon a récemment annoncée qu’elle comptait utiliser des drones de petite taille pour délivrer des colis directement chez les particuliers. Le projet se nomme Amazon Prime Air et pourrait être lancé d’ici à 2015 bien qu’une nouvelle législation concernant les drones soit nécessaire (un pas important vient tout juste d’être franchi avec l’autorisation par la Federal Aviation Administration d’expérimenter librement des aéronefs autonomes ou non dans 6 sites répartis aux USA, avec l’ambition d’établir un règlement en 2015). Bien que ce service ne sera pas accessible à n’importe qui (la portée des drones limitera leur usage autour des villes et des centres de stockage d’Amazon) et qu’il ne permettra pas de livrer n’importe quoi, il sera intéressant de voir si ce nouveau service réussira à s’imposer, sachant qu’UPS et FedEx ont annoncées qu’elles travaillaient aussi sur cette technologie. En plus d’Amazon, il convient aussi de mentionner l’investissement massif d’Apple, à hauteur de 10 milliards de dollars, dans la robotisation de ses chaines de production, notamment aux USA. En plus de Foxconn qui a aussi engagé récemment l’installation d’un million de robots dans ses usines, il semble que le champ de la robotique industrielle soit en pleine explosion.

Enfin, et j’ai gardé le meilleur pour la fin, Google s’est décidé à envahir la robotique de manière inédite. En effet, en quelques mois, l’entreprise californienne a fait l’acquisition de 8 sociétés impliquées dans la robotique et parmi lesquelles Boston Dynamics et Schaft Inc (la startup à l’origine du robot vainqueur de l’épreuve récente du DRC). En plus de ces deux entreprises, Google a acquis Industrial Perception, Meka et Redwood Robotics, Bot & Dolly, Autofuss et Holomni. L’investissement total n’a pas été dévoilé mais il se chiffre probablement en plusieurs centaines de millions de dollars, autant dire que c’est du jamais vu. Cette nouvelle branche du célèbre moteur de recherche n’a pas encore de nom mais est dirigée par Andy Rubin, l’homme à l’origine du système pour mobiles Android et roboticien de formation. Pour l’instant Google n’a pas annoncée ses plans pour le futur mais un employé de Boston Dynamics présent à Miami en décembre dernier pour le DRC a indiqué que la robotique humanoïde faisait très probablement partie des plans du géant californien. Avec les fonds quasiment illimités de Google et les compétences des ingénieurs des sociétés acquises attendez vous à de grandes avancées dans les prochaines années. Pour conclure, une petite vidéo en bonus, enregistrée lors du DRC.

LS3 de Boston Dynamics
LS3 de Boston Dynamics

Quoi de nouveau en robotique ? (Partie 1)

Robosimian, le robot du JPL.
Robosimian, le robot du JPL.

Après une longue période d’inactivité par manque de temps, nous revenons aux affaires et le moins que l’on puisse dire c’est que l’actualité robotique en ce moment est riche, très riche. Nous allons dans ce post, ainsi que dans d’autres, effectuer un petit récapitulatif des événements marquants de ces derniers mois. D’abord, comme nous nous en parlions déjà dans plusieurs articles, le Darpa Robotics Challenge (DRC) organisé par la DARPA a bien eu lieu les 20 et 21 décembre derniers. C’est donc un peu plus d’un an après le lancement de ce concours de robotique que 16 équipes se sont réunies à Miami pour essayer de réaliser 8 tâches plus ou moins complexes (ouverture de valves, déplacement en terrain difficile, conduite d’un petit véhicule …). Les résultats sont accessibles sur le site du DRC et nous nous contenterons ici d’un simple résumé (dans un prochain article nous posterons les meilleures vidéos des épreuves). Donc pour en revenir au concours, chaque équipe devait tenter de récolter le plus de points possible sur les 32 réalisables (chaque épreuve pouvait rapporter jusqu’à 4 points) avec l’objectif d’arriver dans les 8 premières pour pouvoir obtenir un soutien financier de 1 million de dollars de la part de la DARPA et qui leur permettrait de continuer sereinement les préparatifs en vue de l’épreuve finale, en décembre 2014. L’équipe qui remportera ce concours gagnera la somme de 2 millions de dollars.

S-One, le robot de Schaft Inc.
S-One, le robot de Schaft Inc.

L’étape de Miami consistait donc en quelque sorte à une pré-sélection et à un entrainement grandeur nature. Il convient néanmoins de noter les équipes n’étant pas arrivée dans les 8 premières ont quand même le droit de continuer le DRC et de se présenter l’année prochaine. Il faut aussi se rappeler qu’il y a trois catégories d’équipes présentes dans ce concours: d’abord celles devant concevoir à la fois le robot et sa programmation (avec des fonds de la DARPA), celles devant coder un robot fourni par la DARPA (ATLAS) et enfin celles devant construire le robot et son software sans soutien financier de la DARPA. Les résultats maintenant: le grand vainqueur de cette étape est la startup japonaise Schaft Inc. avec son robot S-One (photo ci-dessus), en effet, sur les 32 points possibles, l’équipe nippone en a remporté 27. Ce score est assez incroyable et pour avoir regardé le live des épreuves sur le web, je peux vous assurer que cette équipe est largement en avance sur toute les autres. On comprend donc mieux pourquoi Google en a fait l’acquisition juste avant le concours (on reparlera de ce formidable événement qu’est l’arrivée de Google dans la robotique). Les ingénieurs de Schaft sont quasiment tous issus du même laboratoire de robotique de la très réputée université de Tokyo et cela explique leur avance, ce dernier laboratoire étant parmi les plus à la pointe dans le monde (les robots HRP, Kenshiro et bien d’autres). Pour voir une magnifique vidéo de leur robot c’est ici. Nous fournirons des vidéos de leur performance au DRC prochainement.

Atlas, le robot fourni par Boston Dynamics
Atlas, le robot fourni par Boston Dynamics

Ensuite, en deuxième place nous retrouvons le robot ATLAS (photo ci-dessus), construit par Boston Dynamics et fourni par la DARPA à 7 équipes. C’est IHMC Robotics, une équipe issue d’un centre de recherche en Floride, qui prend cette place avec 20 points. Sachant de qui est capable ce robot il n’est pas étonnant de le retrouver en très bonne place. En fait, parmi les 8 premières équipes, 5 sont équipées du robot ATLAS (aux 2, 4, 6, 7 et 8 ème place). Sachant que Boston Dynamics fait aussi partie des sociétés rachetées par Google avant le DRC, on commence à voir à quel point l’entreprise californienne à l’origine du célèbre moteur de recherche investit lourdement dans le secteur de la robotique. Comme avec le DARPA Grand Challenge à l’origine du projet de voiture autonome de Google, cette dernière profite de l’opportunité donnée par la DARPA dans le domaine de la robotique.

CHIMP, le robot de Carnegie Mellon.
CHIMP, le robot de Carnegie Mellon.

En troisième place c’est le robot CHIMP construit par l’université Carnegie Mellon que l’on retrouve avec 18 points. Contrairement aux robots bipèdes précédents, celui-ci se déplace grâce à des chenilles, bien qu’il soit capable de se redresser pour manipuler des objets. La forme humanoïde n’est en effet pas obligatoire pour concourir au DRC même si la grande majorité des robots le sont (étant donné que l’objectif final est de se mouvoir dans un environnement construit par et pour l’Homme). L’autre robot original présent à Miami en décembre dernier est le Robosimian (première photo de l’article) du JPL, le célèbre centre de la NASA à l’origine de la grande majorité des sondes d’exploration spatiale. Celui-ci à réussi à obtenir une vénérable 5ème place avec 14 points. Derrière la simple concours de robotique il y a aussi un enjeu important d’un point de vue technique: la forme humanoïde est-elle vraiment la plus adaptée pour réaliser ce genre de tâches ? CHIMP et Robosimian seront les seuls à pouvoir contrecarrer l’armée d’humanoïdes qui sera présente en décembre prochain, pour l’épreuve finale. Car en plus de S-One et des nombreux robots ATLAS, on devrait retrouver  le robot de Virginia Tech, THOR , qui ne concourait pas à Miami (l’équipe concevant THOR utilisait un autre robot, THOR-OP, moins performant pour l’épreuve de Miami. Les deux sont en photo ci-dessous, THOR étant le plus grand). Le robot Hubo devrait aussi être présent bien que sa prestation est été plutôt décevante. Enfin, on pouvait s’attrister du fait qu’il n’y ait aucune équipe européenne dans ce concours mais il semblerait que l’année prochaine un humanoïde en provenance du vieux continent sera présent pour essayer de s’imposer face aux mastodontes américains et japonais. Nous reparlerons de ce robot prochainement.

THOR et THOR-OP, de Virginia Tech.
THOR et THOR-OP, de Virginia Tech.

Les robots du Darpa Robotics Challenge dévoilés.

Après une longue pause nous revenons avec des nouvelles en provenance de la DARPA et de son grand concours de la robotique, le Darpa Robotics Challenge (DRC). Pour rappel les équipes sélectionnés lors du « Virtual Robotics Challenge » (VRC) attendaient de voir le robot ATLAS développé par Boston Dynamics dans le cadre d’un contrat de près de 11 millions de dollars passé avec l’agence de recherche américaine. ATLAS  est un robot humanoïde de 150 kg et d’une taille de 1.88 m possédant une mobilité exceptionnel pour un robot de ce genre. Il est en effet le petit frère de PETMAN, le premier robot humanoïde développé par l’entreprise de Boston. Ce robot sera envoyé à chacune des 7 équipes sélectionnées et devra être programmé pour pouvoir réaliser les différentes épreuves prévues les 20 et 21 décembre 2013, lors du premier « tournoi » réel. Après des décennies de domination des japonais et surtout de Honda avec son robot ASIMO, il semble que désormais ATLAS soit le robot humanoïde le plus avancé au monde et avec plus d’une centaine de roboticiens travaillant en ce moment même sur cette machine, il ne fait aucun doute qu’en décembre prochain nous verrons des choses extraordinaires. 

Bien qu’ATLAS soit un robot d’un niveau technologique incroyable, il ne faudrait pas pour autant en oublier les concurrents de la catégorie A. En effet, ces équipes doivent construire leur propre robot et les solutions retenues sont parfois très différentes de la robotique humanoïde. Sur la vidéo ci-dessus on peut voir un premier aperçu de ces différents robots ( pour en savoir plus, voir les articles iciici et ici) et l’on peut déjà voir lesquels semblent les plus avancés. En tête il semble que l’équipe japonaise SCHAFT (des anciens chercheurs de l’université de Tokyo) soit clairement la plus avancée avec un robot qui effectue déjà un grand nombre des tâches demandées par la DARPA pour remporter de DRC. Ensuite le robot coréen Hubo, en association avec des universités américaines, semble lui aussi à un stade relativement avancé (il faut dire qu’il est développé depuis déjà de nombreuses années) bien que l’on ne puisse le voir sur cette vidéo (regardez plutôt ici, ici, ici et ici). Toujours dans les robots humanoïdes, THOR est un très beau projet menée par le laboratoire RoMeLa de VirginiaTech avec notamment une attention particulière accordée à la locomotion. En effet les « jambes » de ce robot s’inspirent de l’anatomie humaine et ses performances devraient être très intéressantes. Pour voir des vidéos de ce robot en particulier, regardez ici et ici. Enfin nous mentionnerons le projet le plus original du DRC: le RoboSimian du JPL (le laboratoire à l’origine de la plupart des sondes et rovers  de la NASA). Ce robot aura la particularité de se déplacer grâce à 4 « pattes » qui lui serviront aussi de bras avec des pinces au bout lui permettant de manipuler des objets et de s’agripper pour monter des échelles où des obstacles. RoboSimian semble plus avancé que le robot humanoïde Valkyrie construit par le centre Johnson de la NASA (par l’équipe à l’origine des robonauts). Il convient néanmoins de rester prudent sur les conclusions que nous pourrions tirer de ces vidéos car il ne faut pas oublier que le DRC reste un concours avec un prix de 2 millions de dollars à la clé et que les équipes peuvent préférer ne pas trop en dévoiler sur leurs machines pour éviter de donner des indications aux adversaires qui mettraient en danger leurs chances de victoire. 

Le robot Atlas de Boston Dynamics
Le robot Atlas de Boston Dynamics

Des nouvelles du DARPA Robotic Challenge.

Nous reparlons aujourd’hui du DARPA Robotic Challenge (DRC, voir les précédents articles ici, ici et ici) car la première étape de ce grand concours de robotique vient de se terminer et des résultats sont tombés. Plus précisément il s’agît de l’épreuve appelée « Virtual Robotics Challenge » (VRC) qui consistait pour les compétiteurs à contrôler un robot virtuel, semblable au robot ATLAS de Boston Dynamics, dans un environnement conçu de manière à reproduire au mieux la réalité. Durant l’épreuve qui s’est déroulée du 17 au 21 juin 2013, les équipes devaient diriger leur robot (avec plus ou moins d’autonomie et plus ou moins de latence) pour diverses tâches qu’ils auront à reproduire dans le monde réel: conduire un véhicule, traverser des terrains difficiles où encore fermer une arrivée de gaz. L’objectif initial était de sélectionner grâce au VRC 6 équipes au sein des catégories B et C  pour leur attribuer chacune un robot ATLAS et 750 000 dollars (pour rappel il existe 4 catégories dans le DRC, les B et C concernent les équipes ne développant que du software avec la différence que ceux de la première ont reçus des fonds dès le début du concours). Voici les vainqueurs:

  • 1. Team IHMC, Institute for Human and Machine Cognition, Pensacola, Fla. (52 points)
  • 2. WPI Robotics Engineering C Squad (WRECS), Worcester Polytechnic Institute, Worcester, Mass. (39 points)
  • 3. MIT, Massachusetts Institute of Technology, Cambridge, Mass. (34 points)
  • 4. Team TRACLabs, TRACLabs, Inc., Webster, Texas (30 points)
  • 5. JPL / UCSB / Caltech, Jet Propulsion Laboratory, Pasadena, Calif. (29 points)
  • 6. TORC, TORC / TU Darmstadt / Virginia Tech, Blacksburg, Va. (27 points)
  • 7. Team K, Japan (25 points)
  • 8. TROOPER, Lockheed Martin / University of Pennsylvania / Rensselaer Polytechnic Institute, Cherry Hill, N.J. (24 points)
  • 9. Case Western University, Cleveland, Ohio (23 points)

Comme vous pouvez le voir, il y a en fait 9 équipes et c’est grâce à la générosité de l’équipe numéro 5 (JPL / UCSB / Caltech) et de l’université de Hong Kong que les team K, TROOPER et CASE Western University pourront finalement continuer l’aventure. En effet, le JPL a engagé deux équipes dans le DRC (une dans la catégorie A et celle-ci de la catégorie B) et dans un geste de fair-play il a été décidé de fusionner les deux équipes en une seule concourant au sein de la catégorie A avec leur robot RoboSimian. Ainsi le robot ATLAS qui devait leur revenir est finalement  offert à l’équipe TROOPER ainsi qu’une partie des 750 000 dollars. Quand aux équipes 7 et 9 elle ont finalement pris la décision de fusionner et la nouvelle équipe, nommée HKU, récupérera le reste de l’argent gagné par le JPL ainsi qu’un ATLAS, offert généreusement par l’unversité de Hong Kong. Au final il y aura donc 7 équipes avec 7 robots ATLAS qui tenteront de passer la deuxième épreuve en décembre, cette fois-ci dans le monde réel et contre les équipes de la catégorie A et leurs robots personnels. Attendez vous à voir d’ici une à deux semaines des vidéos surement impressionnantes de ces robots ainsi que d’ATLAS, dont la présentation aux médias est imminente.

Version virtuelle du robot ATLAS de Boston Dynamics.
La Version virtuelle du robot ATLAS de Boston Dynamics.

Un robot-singe allemand par le DFKI.

Nous avions déjà parlé du DFKI ( le German Research Center for Artificial Intelligence) il y a quelque temps pour leur robots destinés à l’exploration spatiale. Aujourd’hui ils présentent leur nouveau projet, pas forcément destiné au milieu spatial. Il s’agît du projet nommé iStruct et l’objectif de celui-ci est de développer un système robotique ainsi que des composants structuraux d’inspiration biologique qui permettront d’améliorer effectivement la locomotion et les caractéristiques de sa mobilité. En l’occurrence l’inspiration biologique provient du singe (bien qu’on puisse aussi déceler une certaine ressemblance avec le chien). Dans le cadre de ce projet est ainsi développée une « colonne vertébrale artificielle » qui devrait permettre améliorer les caractéristiques de locomotion et de mobilité du robots (photo ici). De plus divers actionneurs et senseurs sont mis au point avec toujours l’optique de créer un système biomécanique capable de se déplacer sur des terrains difficiles. Il est aussi possible, bien que ce ne soit pas à l’heure actuelle une priorité, de permettre au robot de s’élever et de se tenir sur ses deux pattes arrières (tel un singe) et d’ainsi lui permettre d’utiliser ses deux membres avant comme moyen de préhension pour manipuler des objets.

A la vue des ces images on ne peut s’empêcher de penser au robot militaire « AMEE » du film Planète Rouge de Antony Hoffman. un tel robot doté d’une grande mobilité pourrait en effet s’avérer utile pour une mission d’exploration sur Mars ou sur tout autre corps présentant un terrain difficile. Néanmoins il reste encore quelques années de recherches et développement pour parvenir à un tel niveau de complexité mais ce genre de projets nous fait penser que cela ne restera pas de la science-fiction indéfiniment.

Le robot du projet iStruct du DFKI
Le robot du projet iStruct du DFKI

Sélection de vidéos.

Les deux premières vidéos que je vous propose  ne concernent pas particulièrement l’actualité mais elles méritent d’être partagées pour tous ceux qui aiment l’espace et la conquête spatiale. Dans la première on peut entendre l’astrophysicien et vulgarisateur américain Neil deGrasse Tyson expliquer sa vision de la politique spatiale américaine et regretter l’insuffisance des budgets de la NASA pour accomplir ce pour quoi elle est faite: repousser les frontières de l’Homme dans l’univers. La seconde vidéo a été publiée par l’astronaute canadien Chris Hadfield peu après son retour sur Terre à l’issue de l’expédition 35 vers l’ISS, qu’il commandait. Ce dernier s’est fait connaître lors de son séjour de 3 mois dans l’espace en étant très présent sur les réseaux sociaux. Dans cette vidéo il reprend, en le modifiant légèrement, le titre « Space Oddity » de David Bowie. Il s’agît du premier clip musical entièrement enregistré dans l’espace. Chris Hadfield est donc ingénieur, pilote de chasse (il a volé sur plus de 70 aéronefs différents), astronaute et maintenant chanteur… Beau CV.

Un peu de robotique maintenant. La vidéo ci-dessous présente les dernière avancées des chercheurs de l’université de Pennsylvanie avec le robot RHex. Voici ses nouvelles capacités: Il peut sauter de 30 cm (200% de sa hauteur), réaliser un double saut sur une longueur totale de 60cm (120% de sa longueur) et escalader une marche de 29cm par un double saut. Le plus étonnant c’est que le robot pèse 6.7 kg et fait 51 cm de long. D’autres vidéos devraient bientôt être disponibles.

Dans cette dernière vidéo ce sont les dernières performances d’un concurrent du cheetah de Boston Dynamics que l’on peut voir. Ce robot, nommé comme son compère, est développé par le Biomimetic Robotics Lab du prestigieux MIT et vise aussi à établir un record de vitesse pour un robot. Capable d’atteindre 22km/h, il est encore loin des 45.06 km/h du robot de Boston Dynamics mais ses progrès sont importants, notamment dans le domaine de l’efficacité énergétique (définie à partir de la puissance fournie pour une vitesse et une masse donnée) . En effet, il est environ 30 fois plus économe que son concurrent et son efficacité rivalise avec les animaux « coureurs ». Grâce à l’utilisation de montages inspirés du vivant et d’un système de récupération de l’énergie (semblable à celui présent dans les voitures lors du freinage), le robot peut avancer à 8,3 km / h pendant 1,23 heures, soit sur une distance d’environ 10 km  avec seulement 3 kg de batteries !  (NB: Remarquez sur la vidéo ci-dessous la qualité de la transition entre le galop et le trot).

Le drone X47-B décolle pour la première fois depuis un porte-avions.

Dans un précédent article on parlait déjà du drone X47-B construit par Northrop Grumman pour le compte de l’US Navy. Il s’agît d’un aéronef subsonique de type « aile volante » et capable d’opérer depuis un porte-avions. Après un premier vol en 2011, le drone n’avait jusqu’à maintenant décollé que depuis la terme ferme bien que des simulations de décollage court ont été réalisées. Le 14 mai 2013, le X-47B a pris son envol pour la première fois depuis un porte-avions de la Navy ( le USS George H W Bush ). C’est donc une étape cruciale de ce programme à 1.8 milliard de dollars qui vient d’être franchie et il faut avouer que les images de ce décollage semblent sorties tout droit d’un film de science fiction. Il faut noter néanmoins que ce vol ne comprenait pas encore d’appontage sur porte-avions, les essais sur piste terrestre n’étant pas terminés. Pour rappel, le X-47B ( ou un dérivé ) est aujourd’hui engagé dans le programme UCLASS ( Unmanned Carrier-Launched Surveillance and Strikede la Navy face à trois concurrents: le Lockheed Sea Ghost, le Boeing Phantom Ray et le General Atomics Sea Avenger. On reparlera prochainement de ces 3 projets dans d’autres articles. Le vainqueur de ce programme devrait se voir attribuer un contrat de plusieurs milliards de dollars pour équiper l’US Navy de ses drones.

Le X-47B
Le X-47B décolle depuis le porte-avions USS George H W Bush.

Nao un robot français à la pointe de la technologie

Nao_Aldebaran-Robotics

Nao est un robot développé par la société Aldebaran Robotics. Si vous n’avez jamais entendu le nom de cette entreprise retenez là désormais, c’est une des société les plus avancées dans le monde dans le domaine des robots humanoïdes et elle est française ! Outre Nao qui est une merveille de technologie, elle développe un robot plus grand appelé Romeo et qui aura plus de force que son petit prédécesseur. Nul doute qu’à l’avenir Aldebaran Robotics apportera énormément au monde de la robotique, affaire à suivre.

Nao est un petit robot humanoïde de 58 cm de haut autonome et programmable. Il reconnait la voix et les visages, il peut répondre en fonction de ce que vous dites dans de nombreuses langues. Il a 25 degrés de liberté et possède une batterie de capteurs et caméras qui lui permettent d’être très polyvalent. Il possède un design très amical qui le rend facilement acceptable par l’homme. En effet sa fonction prioritaire est de pouvoir interagir facilement avec les gens.

Selon moi le principale intérêt de Nao est qu’il a été conçu pour être en permanence amélioré par une communauté de programmeurs. Aldebaran Robotics permet en effet à des développeurs de créer des applications pour Nao, un peu à la manière des applications iPhone. Ils leur fournissent le robot, ainsi que tous les logiciels associés, ils leur fournissent même le code source de Nao. Ils peuvent ainsi développer leurs applications et même les commercialiser : si quelqu’un possède un Nao il devra parfois payer pour utiliser une application.
Il y a toute une communauté qui commence à ce créer autour de Nao et qui permettra selon moi de donner un vrai dynamisme au monde de la robotique. Bruno Maisonnier créateur d’Aldebaran Robotics explique bien sa vision dans cette conférence TEDxConcorde.

D’un point de vue historique le développement de Nao a commencé en 2005. Présenté pour la première fois en 2006 il gagne en renom lors de plusieurs événements. D’abord il devient en 2007 le robot standard des tournois de football de robotique lors de la coupe du monde de robotique. Ensuite en 2010 il est présenté sur le pavillon France de l’exposition universelle de Shangaï où il réalisera une chorégraphie très médiatisée.

Un robot comme Nao coûte tout de même à l’heure actuelle environ 12000 euros, ce qui le rend pour l’instant peu abordable. Il est donc surtout vendu à des laboratoires de recherche pour des études sur la robotique, il est également utilisé dans le domaine de l’éducation afin d’ enseigner certaines matières de manières plus ludiques.
Si vous souhaitez avoir plus d’informations sur Nao, ou si vous souhaitez entrer dans la communauté de développeurs d’applications Nao, vous pouvez aller sur le site d’Aldebaran Robotics.