Série sur les Robots Français – Poppy, un robot humanoïde français open-source

Dans la suite de notre « Série sur les Robots Français » nous vous présentons Poppy un robot français entièrement open-source développé par le Flower Lab, qui réunit l’INRIA et l’Ensta ParisTech.

Voici l’autre article de la « Série sur les Robots Français » : Série sur les Robots Français – Buddy, le premier robot familial français est né

Il mesure 84 cm, pèse 3,5 kg, est né en France et pourra être reproduit chez vous, par vous, pour peu que vous disposiez du matériel nécessaire. Alors que les regards des amateurs de robotique sont principalement tournés vers le robot NAO de la société française Aldebaran (voir l’article : Nao un robot français à la pointe de la technologie), l’INRIA et l’Ensta ParisTech ont développé leur projet Poppy, un autre robot humanoïde, qui a la particularité d’être entièrement open-source et basé sur du matériel disponible publiquement.

Créé initialement pour étudier la locomotion bipède, Poppy est devenu un véritable robot humanoïde à part entière, doué d’interaction sociale avec une tête dotée d’un écran LCD, des caméras et des micros.

L’ensemble du robot, lorsqu’il est au complet, est composé de 25 moteurs, 16 capteurs de force, 2 caméras, 1 centrale à inertie, 1 écran LCD 4,3 pouces 480 x 273px, deux micros, et une carte Raspberry Pi. Toute l’armature plastique est à imprimer en 3D. Vous pouvez librement y ajouter d’autres accessoires comme des LEDs, des caméras ou encore des capteurs pour qu’il interagisse avec son utilisateur par exemple.

La partie logicielle est basée sur la librairie python PyPot, conçue pour le contrôle des moteurs. Les éléments logiciels, les plans 3D et les plan hardware sont disponibles en accès open-source sur le Github du Poppy Project.

Comptez tout de même 7500€ pour l’ensemble, et de 2 à 3 jours d’assemblage. Cela reste un certain prix mais il est tout de même plus accessible que ses autres concurrents Open-Source comme Darwin-OP, NimbRo-OP, ou iCub.

Ce robot est particulièrement intéressant car il est réalisable et programmable par n’importe qui, chacun peut en faire ce qu’il veut et utiliser son imagination pour lui faire faire un nombre incalculable de choses. Un robot qui démocratisera peut être un peu le développement dans la robotique, même si pour l’instant ce sont surtout des laboratoires de recherche qui l’utilisent.

 

Série sur les Robots Français – Buddy, le premier robot familial français est né

Nous allons vous présenter dans les semaines qui viennent une série sur les robots français. Vous allez découvrir à chaque article un nouveau robot, ses caractéristiques et ses performances. Le but est de mettre en avant différents projets qui font tous à leur manière évoluer l’écosystème de la robotique française. Si vous souhaitez que nous parlions d’un projet en particulier qui vous tient à cœur dites le nous dans les commentaire sur Facebook ou sur Twitter. N’hésitez pas à liker notre page Facebook ou à nous suivre sur Twitter pour être informé de la sortie des prochains articles de cette série.

Dans ce premier article nous vous présentons le robot Buddy.

Du haut de ses 56 cm, Buddy, « copain » en français, est un robot accompli.
Vous lui parlez, il vous répond.
Buddy peut mettre en marche votre chauffage, vous dire à quelle heure partira votre prochain train ou vous proposer des recettes de cuisine. Véritable assistant dans la maison, il vous rappelle vos rendez-vous, appelle vos amis, est capable de mémoriser tout ce que vous lui dites, même la liste des courses.

Buddy, le robot familial intelligent

Grâce à une caméra classique, une caméra infrarouge et un projecteur laser, Il fait la distinction entre les objets, les visages, les animaux, les plantes, etc. Doté d’une technologie d’intelligence artificielle de pointe, il est notamment équipé de technologie pour la détection, la reconnaissance et le suivi des visages et des objets. Il parle, entend, voit et se déplace facilement grâce à ses trois roues.

Ce compagnon adore faire réciter les leçons aux enfants, leur apprend à compter et bien d’autres choses. Très pédagogue, Buddy propose des jeux drôles et éducatifs, raconte des histoires et peut même proposer une partie de cache-cache.

Véritable surveillant de la maison

Grâce à un smartphone, il est possible de se connecter à son robot familial de n’importe quel endroit du monde afin de surveiller son domicile à travers ses yeux. Équipé de capteurs intégrés, il est capable de détecter un début d’incendie, une inondation, un cambriolage, ou toute autre situation anormale et vous alerte immédiatement, où que vous soyez.

Autre avantage, Buddy surveille les appareils et la consommation énergétique.

Un compagnon pour les seniors

Une fois programmé, Buddy peut devenir un véritable ange gardien pour les personnes à mobilité réduite : aide-mémoire, il rappelle de sa petite voix les rendez-vous, les livraisons éventuelles, voire la prise de médicaments.

Il est capable de prévenir la famille en cas de chute ou d’absence d’activité de la personne. Et pour communiquer avec ses proches, pas besoin de savoir utiliser un ordinateur : FaceTime, Skype… il suffit de lui demander et il se connecte tout seul. Pratique aussi pour communiquer en visioconférence avec un médecin.

Caractéristiques techniques :

  • BUDDY mesure 56 cm, pèse 5 kg, et ses batteries offrent 8 à 10 heures d’autonomie.
  • Ce robot familial sera commercialisé fin 2016, pour 750 euros environ.

Le robot familial BUDDY est le fruit de l’imagination de Rodolphe Hasselvander, P-DG et co-fondateur de l’entreprise Blue Frog Robotics. Son design a été conçu par Ova Design, société basée à Ivry-sur-Seine en région parisienne. Il est fabriqué par l’autre société partenaire : Jabil Circuit, Inc., à St. Petersburg en Floride.

robot familialBlue Frog Robotics a choisi le financement participatif comme mode de commercialisation pour BUDDY. Il a été présenté début janvier, au Consumer Electronic Show de Las Vegas.

Le Mars Colonial Transporter de SpaceX

 

Depuis plus de dix ans, le dirigeant et créateur de SpaceX Elon Musk nous donne des indices sur le développement supposé d’un lanceur super lourd et d’un vaisseau spatial associé. Ces engins spatiaux pourraient transporter à un prix abordable 100 tonnes de fret ou 100 personnes jusqu’à la surface de Mars.

L’objectif de ce ‘Mars Colonial Transporter’ (MCT) ou ‘Transporteur de Colonie Martienne’ en français, serait d’établir une vaste cité sur Mars qui pourrait devenir à terme un deuxième foyer auto-suffisant pour l’humanité.

Ces dernières années, alors que le concept du MCT évoluait, très peu d’informations sur son design ont été dévoilées. L’année dernière cependant, Musk a indiqué qu’il donnerait des détails sur le MCT au courant de l’année 2016. Plus récemment lors d’une conférence à Hong Kong, Elon Musk a précisé qu’il donnerait ces informations lors de l’International Astronautical Congress qui aura lieu cette année du 26 au 30 septembre à Guadalajara au Mexique. Cependant jusqu’à présent qu’est ce que l’on sait, qu’est ce que l’on suppose ? Voici ce qu’on peut imaginer.

Méthane

Pour un certain nombre de raisons, SpaceX a choisi d’utiliser du méthane liquide cryogénique comme carburant pour le MCT :

Le méthane peut être synthétisé sur Mars à partir de glace souterraine et du CO2 de son atmosphère. Cela permettrait d’augmenter drastiquement le masse qui pourrait être transportée sur Mars pour un lancement donné, parce que le carburant de retour vers la Terre n’aura pas à être emportée à l’allée.

  • Le méthane a une combustion plus propre que le kérosène (RP-1), moins de maintenance serait donc nécessaire.
  • Le méthane est plus dense et moins compliqué à manipuler que l’hydrogène liquide.
  • La température d’ébullition du méthane liquide et de l’oxygène liquide sont presque les mêmes, réduisant ainsi les besoins d’isolations thermique entre les réservoirs de carburant et d’oxydant.
  • Afin de réduire la taille des boosters, le méthane liquide peut être rendu encore « plus dense » en le refroidissant à une température proche de sa température de congélation.

 

Raptor

Un composant du moteur fusée Raptor de SpaceX passant un test statique. Photo Credit: NASA / Stennis

Le MCT utilisera un tout nouveau type de moteurs fusée : le Raptor. Sa combustion opérera à plus basse température et à plus basse pression. Cela signifie un environnement moins contraint, ce qui nécessitera peut-être moins de maintenance, moins de fatigue matérielle, une vie du moteur plus longue et un poids plus léger.

Une partie du Raptor sera fabriquée par impression 3D, utilisant des alliages de titane et d’Inconel. L’impression 3D permet une plus grande liberté dans le design et un prototypage plus rapide par rapport aux méthodes plus conventionnelles. Différents composants du Raptor sont actuellement testés sur le stand de test Stennis E2 de la Nasa.

Le Raptor existera en deux versions :  une version fonctionnant au niveau de la mer qui sera utilisée par le premier étage du booster, et une version fonctionnant dans le vide qui propulsera le deuxième étage/le vaisseau spatial.

Les estimations les plus récentes annoncent que le Raptor aura une poussée de 2300kN – environ trois fois la poussée des moteurs Merlin 1D utilisés actuellement par SpaceX, et environ un tiers de la poussée du moteur F-1 utilisé par Saturn V pour le mythique programme Apollo.

 

Une mission sur Mars

Un design à deux étages entièrement réutilisables (comprenant le booster plus le vaisseau spatial) a été adopté. Le « Mars Colonial Transporter » consistera en un booster pour le premier étage (de nom de code BFR – pour Big (Fuckin…) Falcon Rocket), et un deuxième étage qui sera l’élément de transport spatial (de nom de code BFS – pour Big (Fuckin…) Falcon Spaceship). Quels sont les différents éléments que comprendraient une telle mission ?
  1. Un booster lancera le deuxième étage/vaisseau spatial destiné au transport vers Mars contenant 100 tonnes de chargement en orbite terrestre basse, et retournera sur son site de lancement. Le transporteur utilisera tout son carburant pour atteindre l’orbite basse.
  2. Un booster lancera un deuxième vaisseau qui cette fois aura la fonction de ravitailleur, et retournera sur son site de lancement.
  3. Le ravitailleur fera un rendez-vous orbital avec le transporteur et remplira ses réservoirs de carburant.
  4. Le ravitailleur retournera sur le site de lancement pour être réutilisé.
  5. Les étapes 2 à 4 seront répétées jusqu’à ce que les réservoirs du transporteur soient entièrement remplis.
  6. Au bon moment le transporteur réalisera un allumage de ses moteurs pour le propulser sur une orbite qui l’emmènera vers Mars.
  7. Lors de l’approche de Mars le transporteur réalisera une série d’allumages précis de ses moteurs afin d’atterrir sur Mars dans une zone prédéterminée.
  8. Le matériel sera enlevé du transporteur
  9. Le réservoir du transporteur sera rempli à l’aide d’une centrale de production de carburant sur Mars
  10. Au bon moment le transporteur réalisera son lancement de la surface martienne afin de se placer sur une orbite de transfert vers la Terre pour son voyage retour.
  11. Pendant son approche de la Terre le transporteur réalisera une série d’allumages moteurs afin de réaliser une entrée dans l’atmosphère et un atterrissage sur le site de lancement.

La mission entière durera plus d’un an en raison des étapes 6 et 10, les orbites de transfert, qui dureraient quatre mois minimum chacune. De plus la fenêtre de lancement pour l’étape 6 n’arrive qu’une fois tous les 26 mois.

 

Le lanceur

 

Un rendu de ce que pourrait être l’échelle du MCT par rapport au lanceur Falcon 9 et au lanceur Saturne V. Image Credit: Reddit

Le lanceur n’aura pas de booster d’appoint et décolera et atterrira d’une manière proche de la fusée Falcon9 de SpaceX. Cependant pas moins de 30 moteurs Raptor fonctionnant au niveau de la mer seront nécessaires afin de générer suffisamment de poussée. En conséquence cette fusée pourrait être vraiment gigantesque : 15 mètres de diamètre et 120 mètres de haut – plus grand et 50% plus large que la fusée Saturn V qui avait emmené les Hommes sur la Lune.

 

Le vaisseau spatial

Le vaisseau spatial utilisera plusieurs moteurs Raptor fonctionnant dans le vide et sera très grand : 60 mètres de haut pour 15 mètre de diamètre. Une fois le vaisseau placé sur le lanceur, l’ensemble du MCT fera 180 mètres de haut, 60% plus grand que la fusée Saturn V.

D’après ce plan il y aurait deux versions du vaisseau spatial : un ravitailleur en orbite basse et un transporteur vers Mars.

Le ravitailleur en orbite basse comportera des réservoirs de carburant supplémentaires qui seront utilisés pour remplir les réservoirs du transporteur. Les deux modes du vaisseau spatial auront des ports d’arrimage pour transférer le carburant.

Le MCT apportera sur Mars jusqu’à 100kg de fret par passager. Pendant la première décennie les vols seront essentiellement destinés à du transport de matériel avec pas plus de 10 passagers par mission, alors qu’au file des décennies pas moins de 100 passagers par voyage pourront être atteints. Afin de pouvoir s’adapter facilement, le transporteur aura probablement une large gamme d’agencements possibles qui pourront emporter différents types de matériels et de modules passagers. L’espace individuel pour les passagers pourrait être plus proche de l’espace d’un SUV que d’une cabine de bateau. Avec le temps SpaceX pourrait choisir de mettre en place des quartiers vraiment magnifiques pour les passagers mais cela pourrait prendre peut-être deux décennies.

Pendant la première décennie, en raison du petit nombre de passagers, il pourra être intéressant de les emmener jusqu’au transporteur en orbite à l’aide de la capsule Dragon V2, éliminant ainsi le besoin de mettre en place immédiatement un système de secours sur le MCT.

Parce que les modules passagers seront compartimentés, plusieurs modules pourront rester dans le transporteur une fois sur Mars afin de permettre à des passagers de revenir sur Terre, alors que les autres modules pourront être sorti et servir de quartiers d’habitation à la surface de Mars.

Des sortes de grues pourront être nécessaires afin de pouvoir sortir dans de bonnes conditions ces modules à la surface de Mars.

Pendant le lancement terrestre le vaisseau aura probablement besoin d’une coiffe récupérable. Lors de la rentrée dans l’atmosphère terrestre celui-ci aura également besoin d’un grand bouclier de protection thermique, SpaceX n’a pas encore indiqué si un parachute sera utilisé.

SpaceX a montré un intérêt dans la propulsion électrique. Celle-ci permettrait de réduire le temps de transfert en orbite vers Mars (et par conséquent l’exposition aux radiation). Cela serait d’autant plus intéressant si des panneaux solaires ou un générateur nucléaire devaient être apportés sur Mars, ceux-ci pouvant également fonctionner pendant le voyage.

Un bouclier anti radiations sera également nécessaire afin de protéger les passagers contre de potentiels vents solaires. Et parce que l’eau apporte la meilleure protection contre les protons à haute énergie, les réserves d’eau pourront former le meilleur des boucliers.

Une des questions qui reste en suspens est comment les passagers seront prémunis contre les effets physiologiques d’une apesanteur prolongée. Si de l’exercice devait être réalisé tous les jours, cela impacterait la disposition des modules passagers. D’autre part si une gravité artificielle devait être mise en place par effet de rotation, cela pourrait impacter le design complet du vaisseau.

 

Le site de lancement

Centre Spatial Kennedy de la Nasa, Complexe de lancement 39A – Photo Credit: Carleton Bailie / SpaceFlight Insider

Si les dimensions du lanceur MCT sont correcte le complexe 39A du Centre Spatial Kennedy de la Nasa ne sera pas assez grand pour supporter le lancement d’une telle fusée. (SpaceX a pourtant signé un bail de 20 ans pour pouvoir l’utiliser) En conséquence SpaceX aura besoin d’un nouveau site de lancement plus grand, potentiellement sur le nouveau site de lancement de Brownsville au Texas.

Le diamètre du lanceur et du vaisseau spatial sera trop grand pour  réaliser leur transport par la route, l’usine de construction du lanceur devra donc être à côté du site de lancement. Les infrastructures de lancement devront aussi comporter un très grand bâtiment d’assemblage, un mécanisme de mise à la verticale de la fusée, un système de production, de stockage et de distribution de méthane et d’oxygène liquide.

 

La base martienne

Sur le site d’atterrissage sur Mars il devra y avoir des infrastructures de production du carburant qui pourront générer et stocker du méthane et de l’oxygène liquide à partir du CO2 de l’atmosphère martienne et de la glace présente sur place. Ces infrastructures seront alimentée à l’aide d’un réacteur nucléaire compact (6 mètres de haut pour 5 mètres de diamètre) qui générera également de la chaleur. Afin de récupérer de l’eau, ce qui est nécessaire, il faudra probablement creuser ou forer.

Afin d’établir une base martienne, plusieurs missions non habitées devront être accomplies avec succès avant d’envoyer des Hommes sur Mars.

 

Propos recueillis à partir du site http://www.spaceflightinsider.com auprès de l’auteur Nelson Bridwell. La vision exprimée dans cet article est celle de l’auteur et ne reflette pas nécessairement celle de Futurscience. Cependant l’exercice de prévision est intéressant.

Le design définitif d’Ariane 6

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Airbus Safran Launchers présente l’architecture finale du futur lanceur européen à quatre ans de son premier vol

Créée en janvier 2015, la société Airbus Safran Launchers est le maître d’œuvre des lanceurs européens Ariane 5 (qui vient d’effectuer son 70e lancement réussi d’affilée) et Ariane 6 (en cours de développement dans le cadre du contrat signé avec l’Agence spatiale européenne le 12 août 2015).

Modulaire, la future Ariane 6 sera adaptée à la plupart des satellites commerciaux et institutionnels. Standardisée et reprenant un certain nombre d’éléments existants, elle doit permettre une réduction des coûts de lancement de l’ordre de 40 à 50%. Son premier vol est programmé pour 2020 et son utilisation pleinement opérationnelle pour 2023.

En un an à peine, l’organisation industrielle et le design d’Ariane 6 ont été finalisés. Airbus Safran Launchers vient de diffuser une vidéo présentant le lanceur dans sa forme définitive.

Nous vous en avions parlé dans l’article « Les futurs lanceurs spatiaux européens : Ariane 5 ME et Ariane 6« . L’Europe cherche à rester leader du lancement de satellites commerciaux, elle cherche pour cela à rester compétitive en terme de prix par rapport à l’américain SpaceX ou par rapport aux Russes. Espérons qu’elle y parvienne.

SpaceX entre dans l’histoire : premier atterrissage d’une fusée réussi !

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Je ne pouvais pas ne pas faire un post sur l’événement historique qui a eu lieu le 21 décembre 2015 : l’atterrissage réussi par SpaceX du premier étage de leur lanceur Falcon9.

SpaceX travaille depuis des années à réutiliser ses fusées et a essayé avant cela à plusieurs reprises de faire atterrir son premier étage sur une barge dans l’océan comme expliqué dans l’article « Des nouvelles de SpaceX (et il s’en est passé des choses!)« . Mais jusqu’à présent cela avait été sans succès. En effet faire atterrir une fusée sur une barge est particulièrement compliqué compte tenu de la petite taille de la cible à atteindre, de la vitesse de la fusée à l’entrée de l’atmosphère plus élevée, et de la gigue de la barge. Finalement le premier essai d’atterrissage sur le sol terrestre du complexe de lancement de Cap Canaveral en Floride aura été le bon. La vidéo est vraiment impressionnante : s’imaginer que l’objet qui descend dans la nuit vient de l’espace est quelque chose d’assez extraordinaire, on se croirait dans un film de science fiction.

L’ère des fusées réutilisables a commencé, laissant présager d’un avenir radieux où le prix de l’accès à l’espace sera grandement réduit.

A ce sujet une autre société Blue Origin créée par Jeff Bezos le fondateur d’Amazon, a également réussi à faire atterrir un lanceur juste avant SpaceX. Ce lanceur à destination du tourisme spatial n’envoie cependant pas d’objet en orbite(Voir l’article « Blue Origin: la startup du fondateur d’Amazon« ). Cela a donc suscité un grand débat sur internet pour savoir qui avait vraiment fait l’histoire. Pour ma part je penche plutôt du côté de SpaceX car je pense que l’objectif prioritaire d’une fusée est d’envoyer des objets en orbite. Mais tout cela est très subjectif. Les performances de Blue Origin seront discutée lors d’un prochain post.

Après cette grande réussite, SpaceX a réalisé un essai statique du premier étage récupéré et ils ont annoncé que les moteurs étaient encore un état et pouvaient éventuellement resservir. Ils ont cependant décidé de ne pas faire repartir ce premier étage et souhaite plutôt le placer comme pièce de musée dans les locaux de SpaceX.

Un dernier essai d’atterrissage sur barge dans l’océan a été réalisé lors du dernier lancement de SpaceX. Cet essai sur barge n’a pas fonctionné mais a probablement été le plus proche de réussir. On le voit dans la vidéo instagram suivante, l’atterrissage est bien contrôlé mais un des pieds de l’atterrisseur n’a pas tenu. On n’est plus très loin !

https://www.instagram.com/p/BAqirNbwEc0/

SpaceX a finalement réussi à faire atterrir son premier étage de fusée Falcon9. C’est un exploit. Il reste désormais à ce que cela marche à tous les coup.

Un joueur de go professionnel battu par un ordinateur: pourquoi c’est historique

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Fan Hui, meilleur joueur de go européen, s’est fait laminer par une intelligence artificielle développée par Google. Il y a peu, une telle victoire était encore impensable. Ce qui a fait la différence: le « deep learning ».

C’est un jour à marquer d’une pierre blanche dans le domaine de l’intelligence artificielle. Une pierre de go. Pour la première fois, un joueur professionnel a été battu par une machine, un programme développé par Google et baptisé DeepMind, sans handicap et en conditions réelles. Jusqu’à présent, le jeu de go était le seul jeu de réflexion à deux joueurs qui résistait encore aux ordinateurs. Il y a un an et demi, une telle prouesse semblait hors de portée, comme nous l’expliquait un spécialiste, qui n’en revient pas. « La machine a battu un joueur professionnel sur le score de 5 à 0 dans des parties jouées à égalité sur des damiers 19×19. C’est incroyable », s’exclame Bruno Bouzy, chercheur en intelligence artificielle et spécialiste de la programmation des jeux de réflexion.

Le duel a eu lieu en octobre 2015, et les auteurs du programme ont publié ce jeudi un article scientifique dans la revue Nature pour expliquer leur méthode.

« La différence, ce sont les progrès du deep learning »

Que s’est-il passé, en si peu de temps, pour que le logiciel dépasse ainsi le cerveau humain? Cela tient en deux mots : deep learning. « Apprentissage profond », en Français: un outil d’intelligence artificielle récent qui fonctionne sur le modèle des réseaux de neurones, comme dans un cerveau. Le « raisonnement » est donc non linéaire, les problèmes sont décomposés, et surtout, le programme devient capable d’apprendre seul. Plus besoin de tout lui montrer. Disons que les concepteurs d’un tel algorithme lui apprennent à apprendre.

« La différence, ce sont les progrès réalisés en termes de traitement d’image, grâce au deep learning, explique Bruno Bouzy à L’Express. Cette approche sert à la reconnaissance d’images et à l’interprétation de données visuelles. Sachant que le go est très visuel, cela permet d’imiter les coups des professionnels. »

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Les deux premières parties jouées et perdues par Fan Hui contre AlphaGo en octobre 2015. Nature 16961

Yann LeCun, l’un des plus éminents chercheurs en la matière et directeur du laboratoire d’intelligence artificielle de Facebook à Paris, explique au Monde ce qu’est le deep learning: « Avant, il fallait expliquer à l’outil comment transformer une image afin de la classifier. Avec le deep learning, la machine apprend à le faire elle-même. Et elle le fait beaucoup mieux que les ingénieurs, c’est presque humiliant. » « Avec les méthodes traditionnelles, la machine se contente de comparer les pixels. Le deep learning permet un apprentissage sur des caractéristiques plus abstraites que des valeurs de pixels, qu’elle va elle-même construire », précise au quotidien Yann Ollivier, chercheur en IA au CNRS.

« Il joue comme un humain »

La force d’AlphaGo, l’algorithme qui a battu le joueur pro Fan Hui, est aussi d’avoir combiné plusieurs outils d’intelligence artificielle. Deep learning, mais aussi apprentissage par imitation en recopiant des coups humains, jeu contre lui-même, et « méthode de la fouille d’arbre Monte Carlo », utilisée depuis quelques années pour augmenter l’efficacité des calculs en diminuant le nombre de simulations nécessaires pour évaluer quel est le meilleur coup à jouer. D’autres programmes, uniquement fondés sur le deep learning, ont battu des amateurs de très bon niveau, mais pas des professionnels.

Fan Hui lui-même, 2ème Dan pro, considéré comme le meilleur joueur européen, a été extrêmement surpris par la qualité de jeu d’AlphaGo. « Je n’ai pas du tout eu l’impression de jouer contre un ordinateur. Il joue comme un humain. D’habitude, on voit qu’on joue contre un ordinateur, car il fait des coups bizarres. Avec AlphaGo, il n’y avait pas de coups de ce genre, que des coups normaux. C’est incroyable. Il m’a mis beaucoup de pression », confie-t-il au Monde.

En parties rapides, étonnamment, Fan Hui a perdu avec un écart plus faible, 3-2. Ce qui est contre-intuitif, la machine étant censée calculer plus rapidement que le cerveau. Contre-intuitif, peut-être, mais justement lié à l’intuition. « Le joueur humain est capable, intuitivement, de jouer un coup assez bon très rapidement, puis il affine. La machine est plus linéaire pour trouver le meilleur coup. » Si bien que la minute supplémentaire profite exponentiellement à la machine, par rapport à l’homme.

AlphaGo contre le meilleur joueur mondial en mars

Malgré son succès, DeepMind ne s’est pas encore hissé au niveau de Deep Blue, l’ordinateur d’IBM qui a battu le champion du monde d’échecs Garry Kasparov en 1997. Fan Hui n’est pas le meilleur joueur mondial. La rencontre au sommet est programmée en mars, entre AlphaGo et le Sud-Coréen Lee Sedol. Difficile de pronostiquer l’issue de l’affrontement.

« AlphaGo a gagné 5-0, donc on peut considérer qu’il est à une ou deux pierres d’écart avec Fan Hui », explique Bruno Bouzy (nombre de pierres de handicap pour une partie équilibrée entre les deux). Or, il y a environ deux pierres d’écart entre Fan Hui et Lee Sedol. Moi, je vois bien la machine gagner. C’est juste une affaire de temps. Si ce n’est pas cette année, ce sera l’année prochaine ».

Par Raphaële Karayan, sur lexpress.fr

The Drone Racing League

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Vous n’avez encore probablement jamais entendu parler de la DFL, la Drone Racing League. En effet cela a à peine un an d’existence. Et pourtant ce projet va faire beaucoup de bruit dans les temps qui viennent. La DFL, c’est la première entreprise organisatrice de courses de drones au monde. Cette startup fondée par Nick Horbaczewski vient juste de récolter un million de dollars d’investissement de la part du propriétaire des Dolphins de Miami, Stephen Ross.

Lors de l’année 2016, six courses de drones sont prévues dans des lieux vraiment atypiques transformés spécialement pour ces événements. Une première course avait déjà eu lieu en 2015 pour préparer la saison 2016, et cela se passait dans une centrale abandonnée sur les bords de la rivière Hudson. Vous pouvez voir la vidéo bien montée de cette course, la première du genre. C’est vraiment intéressant.

Ce sont les organisateurs de la course qui fournissent les drones aux pilotes. Ces derniers dirigent leurs appareils à l’aide de télécommandes et ils on un casque qui leur permet de vivre le pilotage à la première personne ; ils voient à travers la caméra du drone.

Un nouveau sport est né : la course de drone. Peut-être que dans dix an nous regarderons des courses de drone à la télévision.

Pour plus d’informations visitez leur site de la DFL, vous y trouverez beaucoup d’informations.

 

 

Les Marines mettent fin au projet LS3 d’Alphabet (Google)

Robot mule LS3 de Boston Dynamics

La mule robot développée par Boston Dynamics, spécialiste en robotique militaire détenu par Alphabet (Google), est trop bruyante selon les Marines. Trois ans après la première sortie du LS3 en 2012, le projet de l’Armée Américaine est retiré.

A l’origine, ce robot mule autonome développé conjointement avec la DARPA, la division de recherche du Pentagone, était conçu pour transporter le matériel des troupes sur de longues distances afin qu’ils se fatiguent moins. Pouvant transporter jusqu’à près de 200 kg, le robot surnommé ou AlphaDog, était capable de suivre un soldat à travers des terrains accidentés (montagne, forêt, jungle), impraticables pour un véhicule ordinaire.

Kyle Olson, un porte-parole des Marines, a déclaré au site Military.com que le bruit du moteur à essence du Legged Squad Support System (LS3) était nuisible tactiquement. “Alors que les Marines étaient en train de s’en servir, un des défis était de voir les potentielles possibilités en fonction des limites du robot“, explique Olson. “C’est comme ça : c’est un robot bruyant qui révélerait leur position“.

C’est évidemment un coup dur pour Boston Dynamics, ancienne spin-off du Massachussetts Institute of Technology (MIT), qui a développé ces dernières années d’autres types de robots, dont des quadrupèdes comme Spot (robot qui tirait le traîneau du Père Noel dans une vidéo postée par Boston Dynamics la semaine dernière), des bipèdes comme PETMAN ou ATLAS, ou des robots à roues comme SandFlea. Tous les regards se tournent désormais vers Spot, un robot plus léger que la mule LS3, plus maniable mais plus petit. A la différence de son grand frère, Spot est équipé d’un moteur électrique silencieux. Résultat : il est plus discret mais transporte moins de charge, jusqu’à 18 kg, ce qui ne fait pas non plus de lui, l’assistant idéal aux yeux des Marines.

Au delà de l’aspect bruyant ou de la capacité d’emport des robots militaires, une des questions en suspens est leur réparation en cas de problème lors d’une mission sur le terrain. Faudra-t-il le laisser sur place, risquer des vies humaines pour essayer de le récupérer … ? Il est certain que les Marines ont beaucoup appris aux côtés du LS3 au cours de leurs sorties en extérieur et que les technologies développées par Boston Dynamics seront réutilisées dans des applications futures.

Robot quadrupède BigDog de la DARPA

Depuis le démarrage du projet en 2010, la DARPA aura financé le développement des robots LS3 et Spot à hauteur de 32 millions de dollars, puis une rallonge de 10 millions de dollars pour soutenir les essais en extérieur par le Corps des Marines.

Ecrit par Newsroom le 30/12/2015 sur humanoides.fr