Le crowdfunding à la rescousse de l’astronautique. Partie 1.

Publié: août 3, 2013 par futurscience dans Spatial
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Nous abordons aujourd’hui un sujet très intéressant et certainement très prometteur pour l’avenir de l’astronautique (et de bien d’autres domaines, comme la robotique): le crowdfunding ou en français, le financement participatif. Derrière ce nom un peu barbare se cache en fait une forme récente de mécénat qui se fait grâce à l’utilisation d’internet. Les internautes intéressés par un projet quelconque ont ainsi la possibilité de faire des dons en passant par un site de crowdfunding comme kickstarter (le plus connu) ou indiegogo (il en existe des dizaines). Depuis quelques temps des projets dans le domaine du spatial sont ainsi lancés régulièrement, certain avec beaucoup de succès, d’autres avec des résultats beaucoup plus mitigés. Nous allons énumérer ici quelques-uns de ces projets. nous commençons avec celui présenté sur la vidéo ci-dessus. Pour les passionnés de spatial, vous avez déjà du entendre parler du propulseur électrique VASIMR de la société Ad Astra Rocket Company (AARC), fondée en 2005 par Franklin Chang Diaz, un physicien et astronaute de la NASA (7 vols de navette spatiale). De manière résumée, VASIMR est un propulseur au sein duquel un gaz est ionisé par rayonnement électromagnétique et ensuite accéléré grâce à un champ magnétique. La particularité de ce propulseur est la forte poussée qu’il permet (plusieurs newtons, ce qui est conséquent dans le domaine de la propulsion électrique) et ainsi son utilisation dans des voyages interplanétaires habités est envisagée. Il a été  indiqué que l’on pourrait atteindre Mars en 39 jours avec VASIMR mais la quantité limitée d’énergie présente à bord d’un vaisseau spatial rend ce nombre peu vraisemblable dans un futur proche. Toujours est-il qu’Ad Astra Rocket continue ses travaux et cherche maintenant à financer un film promotionnel pour sa technologie. Elle estime donc qu’au moins 46 000 dollars lui sont nécessaires pour réaliser ce film et demande donc aux internautes du site kickstarter de lui fournir cet argent. A 8 jours de la fin de la campagne kickstarter, la société a déjà récolté plus de 41 000 dollars et donc il ne fait aucun doute que la somme demandée sera atteinte. On peut imaginer qu’à travers ce film, AARC souhaite promouvoir VASIMR pour obtenir un soutien politique et public (et donc financier) plus important.

Voici maintenant un autre projet très original proposé par la société américaine HyperV Technologies Corp (déjà à l’origine d’un autre projet kickstarter portant sur la propulsion plasmique qui à réussi à récolter 72 871 dollars) et qui concerne le lancement de charges utiles en orbite. Depuis les début de l’ère spatiale nous lançons des objets dans l’espace grâce à des fusées propulsées chimiquement et cette méthode a fait ses preuves bien que des inconvénients persistes: coûts importants, fréquence de lancement faible, lourdeur des infrastructures où encore problème de sur-dimensionnement des fusées par rapport à leur charge utile. A l’heure actuelle il n’existe pas de réelle alternative à ce moyen de lancement bien que l’on évoque parfois des projets futuristes comme les railguns où encore l’ascenseur spatial. HyperV présente donc aux internautes un nouveau moyen de mise en orbite de charges utiles: le Slingatron. Son fonctionnement est relativement simple puisqu’il ne se base que sur de la mécanique classique: pas de chimie, pas d’électromagnétisme et ainsi une simplicité relativement importante permet à ce système d’être envisageable à court terme. Voici de manière résumée son fonctionnement: un système de tubes rigides disposés en forme de spirale (voir image ci-dessous) est mis en rotation ensuite la charge utile est insérée au centre de ce système et se met à suivre ces tubes en accélérant au fur et à mesure qu’elle s’éloigne du centre jusqu’à être éjectée à une vitesse qui dépend de la vitesse de rotation du système ainsi du rayon de celui-ci (voir cette vidéo d’un précédent prototype construit). Les créateurs de cette technologie estime qu’il est possible d’atteindre les vitesses nécessaires pour mettre en orbite la charge utile (de l’ordre d’une dizaine de km/s). Dans ce projet kickstarter, HyperV demande au moins 250 000 dollars pour lui permettre la construction d’un prototype de Slingatron de dimension réduite (5 m de diamètre) tournant à 40-60 cycles par secondes et permettant d’éjecter un projectile d’environ 500 g à 1 km/s (il n’ira pas dans l’espace). Ce concept de lanceur semble prometteur car il est totalement réutilisable, peu cher et permet une fréquence de lancement très élevée (plusieurs lancements par jour) mais il présente aussi quelques inconvénients: l’accélération subie par la charge utile rend ce système totalement inadapté au lancement d’astronautes et même pour des sondes robotiques les contraintes que celles-ci subiront seront telles que de nouveaux critères devront êtres établis pour la mise au point de matériel adapté au Slingatron. Néanmoins il est agréable de voir de nouveaux conceptx arriver dans le domaine du spatial et le fait que le public puisse directement y contribuer rend l’aventure encore plus excitante. Affaire à suivre. Dans la deuxième partie de cet article nous parlerons des projets ayant échoué à récolter les fond minimums qu’il s’était fixés.

Le Slingatron qui sera construit grâce aux fond récoltés sur kickstarter.

Le Slingatron qui sera construit grâce aux fonds récoltés sur kickstarter.

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